Itw de Philippe Katerine pour Trax - 2005



KATERINE
Humain avant tout

On connaissait le Vendéen Katerine en dandy excentrique de l’easy-listening, fanatique de Jeannie Longo et auteur de l’irrévérencieux : « Je vous emmerde ». On le découvre aujourd’hui en clubber : aussi drôle que décalé.

Sous ses faux airs de premier de la classe en sous-pull mauve, Katerine s’apprête à réveiller les dancefloor français. Avec Robots après tout, il invente (aidé par Gonzales) une disco mutante enthousiasmante, entre variété et électroclash, où il est question de V.I.P’s et d’auto-fellation. Même son pote Dominique A n’en revient pas, qualifiant le disque « de total no limit (…) entre Peaches, Brigitte Fontaine et Patrick Juvet; je l'ai fait écouter à Yann Tiersen et Miossec, c'était la complète euphorie, ça nous a fait toute la soirée." Et ça devrait aussi faire la vôtre !
Ton premier souvenir de soirée?
Une boum en 1980. J’avais 12 ans et j’étais dans un coin, très impressionné. Une fille est venue me chercher. J’ai refusé d’aller avec elle, parce que je ne savais pas danser.

Ton meilleur souvenir de soirée ?
Chez moi, lors d’une fête improvisée. Quelqu’un a passé un disque, puis un autre. Tout le monde s’est mis à danser, il devait y avoir 30 personnes qui au départ ne devaient pas se rencontrer. Et en plus personne n’avait payé pour rentrer !
Ton pire souvenir ?
J’étais dans un club en Vendée avec mon Whisky Coca à la main, et là j’ai trébuché. Mon verre s’est alors renversé sur la table de mixage et la soirée s’est arrêtée. J’avais tout fait foiré.

La meilleure musique pour faire la fête ?
Ca dépend ce que j’ai pris. Avec une pilule, j’aime bien la musique répétitive et minimale, qui permet de s’abandonner et de construire des choses, juste en fermant les yeux.
Quand je suis moins en forme et que j’ai moins envie de participer, le disco, c’est parfait.

Tes DJ's préférés ?
La Chasse à cour, un couple d’amis qui passe aussi bien des titres très primaux comme LCD Soundsystem que des choses plus vulgaires, un peu oubliées. Je les admire beaucoup car c’est très dur d’être DJ. Il faut être très fort, un peu comme pour être un excellent cuisinier. J’ai essayé une fois d’être DJ, ça a été le désastre. C’était dans un gros club de Barcelone, devant 1500 personnes hargneuses qui voulaient ma peau. J’ai fait plein de blancs, personne ne dansait, les gens m’insultaient. C’était absurde et violent. Je n’étais vraiment pas à ma place.

Ta boisson préférée ?
Le vin et tout ce qui est à base de raisin, à part le jus de raisin.
Ton truc contre la gueule de bois ?
Ne pas dormir et marcher dans Paris. On a alors une foule d’idées qui vient à l’esprit. Il ne faut surtout pas s’allonger à ces moments là, sinon on a l’impression de mourir.

Ta tenue favorite pour sortir ?
Je suis très sous-pull. Mais ce n’est pas idéal sur le dancefloor.

Ce qui transforme une fête banale en événement inoubliable ?
L’improvisation et la violence. Il faut un peu de baston pour qu’une fête soit réussie.

Robots après tout, c’est une référence aux Daft Punk ?
Tout à fait, c’est un hommage. Human After All est un grand disque pour faire la fête car il est vide. Tu as donc toute la place pour y mettre ce que tu veux et te déchaîner dessus. Moi, j’adore danser, c’est mon hobbie préféré. Je suis content de transmettre enfin cette partie de moi : la danse, la transe, l’oubli de soi.

Robots Après Tout (Barclay/Universal)


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