Interview de Virginie Despentes pour Trax - 2005


VIRGINIE DESPENTES
Bye Bye Brandy!

Écrivain rock si il en est, Virginie ne délaisse pourtant pas les dancefloors et les boissons énergétiques. Et c’est aussi pour ça qu’on l’aime !

Alors qu'elle vient de finir la promotion de « Bye Bye Blondie », son sixième roman, Virginie Despentes n'a pas l'intention de se la couler douce. Elle s’est lancé dans l’écriture d’un blog (journal sur le net), déjà culte (www.20six.fr/despentes), un projet de scénario, et un autre de groupe de rock. Elle trouve tout de même le temps de nous accorder une interview clubbing sans détour.

Ton premier souvenir de clubbing ou de soirée ?
C’est une boîte qui s’appelait le campus à Nancy, et qui a dû fermé depuis ou devenir une boite de nuit pourri aujourd’hui.. Ca devait être en 1983, ils passaient les Clash, les Cure, les Béru. Ils passaient aussi de la merde. Il n’y avait pas grand monde car ça venait d’ouvrir, juste quelques punks étaient là. C’est un bon souvenir car il y avait à boire, on prenait beaucoup d’acide, et puis tant qu’il y avait les Clash, moi, ça me semblait bien. (rires) J’avais 13 ans, je devais faire le mur pour sortir (rires).

Ton meilleur souvenir ?
Le Pulp avec SexToy, en 1993/94, à l’époque où j’ai découvert la boîte. Quand je suis arrivée à Paris, ma première grande copine, c’était Ann Scott, et là elle m'a fait découvrir toutes les filles du Pulp : Sextoy, Axelle…Baise moi venait juste de sortir, il n’était pas encore connu du grand public, mais au Pulp, il était très connu. J’étais une idole hétéro du Pulp, c’était super agréable. C’était trop cool, de rencontrer toutes ces filles qui avaient vraiment la classe!
J’ai aussi de bons souvenirs pendant qu’on a fait le film Baise Moi en 2000, et qu’on est retourné au Pulp, avec Gaspard Noé. On pouvait y aller dans n’importe quel état, on arrivait toujours à rentrer, car on connaissait la patronne, Mimi. C’était comme à la maison, c'est ma boîte préférée à Paris.

Ton pire souvenir ?
Quand j’ai arrêté de boire, et que j’ai quand même essayé de sortir. Il y a 4 ans, j’ai arrêté l’alcool et la drogue, et la première que je suis retournée au Pulp, ça ne m’a pas plu. Tout d’un coup c’était moche, il n’y avait pas tant de meubles que ça, ce n’était pas si cool en fait…Et la musique n’était pas si mortelle (rires)…
Le meilleur morceau en soirée ?
Funkadelic, pour que tout le monde lève les bras en l’air. Ou Prince. J’adore les musiques qui font danser les gens.

La chose la plus folle que tu aies accomplie en club?
Je préfère ne pas répondre avec sincérité à cette question. Je trouve ma réputation suffisamment tragique comme ça.

Le dernier track qui t’ait retourné la tête ?
Last post on the bugle” des Libertines. Ca se voit qu’ils ne font pas semblant, Pete et Carl, et leur amitié c’est tellement fort comme histoire.

Un disque que tu écoutes en écrivant ?
Janis Joplin pour Bye Bye Blondie, ou Motorhead. Une fois que tu as beaucoup écouté un disque, tu le connais tellement bien qu’il t’aide à écrire plus facilement. Là je viens d’acheter le dernier Georges Clinton, et je pense l’écouter souvent en écrivant.

Ta boisson favorite ?
Le Red Bull, j’adore les boissons énergétiques, alors j’en bois plein. Quand je me fais chier en soirée, j’en bois 4 ou 5, et après je me sens hyper bizarre, je pense qu’ils mettent des choses pas très claires dedans (rires).

Ton truc pour te remettre d’une gueule de bois ?
Le coca cola. Le thé vert ça marche aussi, ça purge bien et ça remet un peu d’aplomb. Sinon, quand je buvais, je faisais ce que tous les gens qui boivent font, c'est-à-dire que je rebuvais le matin.

Le dernier disque de musique électronique que tu aies acheté ?
Cube du Peuple de l'herbe, et le prochain que j’achèterai, ce sera celui de Bertrand Burgalat, qui n’est pas encore fini.

Bye Bye Blondie (Grasset)
Violaine Schutz

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