Entrevue avec Frédéric Taddei (archives)

pour : https://issuu.com/lebonbonnuit/docs/lebonbonnuit27



Frédéric Taddéi
Des hauts et débat

Petit écran, grand Monsieur. C'est l'un des journalistes les plus compétents qu'on ait pu voir et entendre à la télévision. Pourtant, il ne regarde pas la télé. Frédéric Taddéi a imposé son style loin des formatages de son média : discret, anticonformiste, étonnant et intelligent. A travers des émissions comme Paris Dernière, D'art D'art et Ce soir (ou jamais!), il a inventé une nouvelle façon de faire cathodique. On lui a posé quelques questions, lui a qui a bien connu la nuit.

Dans Ce soir (ou jamais !), vos interviews laissent amplement la parole aux invités et moins à vous, ce parti pris vient-il d'un certain refus du star-système ?
Non. Dans mon star-système à moi, les stars sont les invités, pas l’animateur.

Comment choisissez-vous vos invités ?
Ce sont des artistes ou des intellectuels, des gens de culture. Ce soir (ou jamais !), c’est l’actualité vue par la culture. C’est très différent de l’actualité vue par les politiques ou les journalistes.

Le live est toujours très bon, la musique, c'est important pour vous qu'elle garde une place à la télé ?
La musique live a totalement disparu du petit écran. C’est triste. J’essaye de lui conserver une place.

Comment résumeriez-vous votre parcours jusqu'ici ?
Actuel, Radio Nova, Nulle Part Ailleurs, Paris dernière, D’art d’art, Europe 1, Ce soir ou (jamais !), France Culture, La grande soirée cinéma… Je parie sur l’intelligence du public.

Vouliez-vous être journaliste, ado ?
Non. Je voulais gagner beaucoup d’argent et coucher avec beaucoup de femmes. Je voulais être un héros, comme tous les adolescents. Sinon, j'étais exactement le même qu’aujourd’hui. Tous mes copains d’enfance vous le diront.

Il paraît que de 20 à 30 ans, vous n'aviez rien fait (professionnellement), qu'avez-vous appris pendant cette période ?
J’ai compris qu’il fallait faire ce pour quoi on est le plus doué. Et tant pis si ce n’est pas ce que vous auriez préféré.

Quels souvenirs marquants gardez-vous de l'émission Paris Dernière ?
Des milliers de souvenirs ! Je l’ai fait pendant huit ans. Huit ans de tournages et de montages dans la foulée. Pendant huit ans, ce fut l’émission la plus branchée de la télévision française ! Ma voiture était devenue célèbre. Moi, presque personne ne me reconnaissait dans la rue. J’adorais ça.
Toutes les nuits de Paris dernière étaient complètement folles puisque j’y vivais dix existences à la fois. J’étais partout chez moi. Toutes les portes s’ouvraient. C’était irréel et pourtant c’était vrai puisque je le vivais.

Vous avez écrit pour Actuel, quel regard portez-vous sur la presse, culturelle et sociétale, d'aujourd'hui ?
Actuel avait des moyens financiers que plus aucun magazine branché n’a aujourd’hui. On faisait le tour du monde, on n’écrivait pas nos articles en regardant la télévision ou internet. C’était une autre époque. Je ne pleure pas dessus mais je suis content de l’avoir vécue.

Pouvez-vous m'en dire plus sur votre site, Newsring, comment est-il né ?
J'avais envie de faire vivre le débat sur internet. Le débat n’existait pas vraiment. Il n’y avait que des forums, c’est à dire des discussions de bistrot, où tout le monde finit par s’insulter. Alors qu’Internet est le lieu de prédilection du débat. C’est le seul endroit où le débat n’est pas limité. Ni en temps ni en nombre de participants. Ce mois-ci, Newsring fêtera son premier anniversaire.

  • Aimez-vous vivre à Paris?
J’aime vivre à la périphérie. Si je vivais au centre de Paris, je ne rentrerais jamais chez moi.
Paris est la ville où je suis né. Je la connais comme ma poche. Et pourtant, elle reste désirable, inaccessible. Comme une femme.

  • Quel est votre tout premier souvenir de virée en boîte?
  • J’avais huit ou neuf ans. Je me suis fait refouler à l’entrée d’un casino où mes parents étaient en train de s’amuser. J’étais dans un état de frustration indescriptible. Je me suis juré de revenir quand je serais plus grand.

  • Votre meilleur souvenir de soirée?
C’est quand je suis revenu et qu’on m’a laissé entrer (rires). Je n'ai pas de pire souvenir de club, je n’ai d'ailleurs pas de mauvais souvenirs. Tout est bon à prendre.
  • La plus belle rencontre faite la nuit ?
  • La mort. Je l’ai vue de près. C’était impressionnant.
  • Pensez-vous que la nuit, c'était mieux avant ?
Bien sûr que non ! Quand on vous dit que la nuit était mieux dans les années 80, cela signifie qu’on avait vingt ans dans les années 80. C’est tout.
  • Un truc contre la gueule de bois ?
  • Savoir s’arrêter à temps.
- Quelle est votre endroit préféré à Paris?
Il faut être au bon endroit au bon moment.
  • Qu'avez-vous fait la nuit dernière ?
  • Je me suis couché tard, comme tous les soirs.
  • Quels sont vos projets ?
  • Me coucher de plus en plus tard et me réveiller de plus en plus tôt.

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