Article sur l'expo "Bowie is" au V&A à Londres








Le bonbon nuit 31
Art
Beau oui comme Bowie
Texte : Violaine Schütz
Le V&A de Londres consacre une exposition exceptionnelle à l’une des plus grandes pop stars de tous les temps. David Bowie is compile
jusqu’au 11 août costumes de scène, photos et inspirations visuelles de l’homme qui venait d’ailleurs. On y était et on a été bluffé.

« Il faudrait montrer cette expo à des enfants, car elle peut leur donner envie de faire plein de choses différentes. Chanter, jouer d’un instrument, s’habiller follement, dessiner, peindre, jouer la comédie…. 
». C’est Kevin Cann, biographe de Bowie qui nous le dit. Et il est vrai qu’on a rarement exposition aussi vivifiante. Le  Victoria And Albert Museum londonien a en effet eu accès aux Archives de David Bowie pour présenter la première rétrospective internationale de sa carrière. En la visitant, on se rend compte de l’importance d’un des performers les plus avant-gardistes de la pop culture, et ce à plusieurs niveaux. David Bowie is ne s’attache pas du tout à la vie privée (mystérieuse) du chanteur (à peine voit-on sa cuillère à héroïne de l’époque Diamond Dogs dans une vitrine) mais à son processus créatif et son influence. Icône de la mode, acteur, Bowie a fait de sa vie une œuvre à part entière. Plutôt que d’exploiter un filon ou une formule (comme beaucoup de pop stars actuelles) il n’a cessé de tuer des personnages pour en créer de nouveaux. Quand il descend dans les rues de Londres et voit tous les jeunes Anglais lookés des pieds à la tête en Ziggy Stardust, il suicide cette icône du glam rock, messager humain d'une intelligence extraterrestre cherchant à transmettre à l'humanité un message de paix pour le remplacer par Aladdin Sane.

Pour rendre hommage à cette perpétuelle force de réinvention, sur cinq décennies, Victoria Broackes et Geoffrey Marsh, les conservateurs, ont sélectionné plus de 300 objets, rassemblés pour la première fois. On peut ainsi s’arrêter devant des textes de chansons manuscrits, des photographies rares, des extraits de films, décors de scène en miniatures, instruments de musique, partitions et autres curiosités. Sont aussi exposés des costumes originaux (épatants) comme la combinaison Ziggy Stardust (1972) réalisée par Freddie Burretti, les créations de Kansai Yamamoto pour la tournée de Aladdin Sane (1973) et le manteau aux couleurs du drapeau du Royaume-Uni créé par Alexander McQueen pour l’album Earthling (1997). Celui qui proclamait que sa musique devait "ressembler visuellement à la manière dont elle sonne" était le roi du masque, du mime et des métamorphoses. L’aura de Bowie, qui lui-même a puisé son inspiration dans le théâtre, la littérature et les arts plastiques n’a pas simplement influencé les musiciens, mais aussi l’art, le design et la culture contemporaine. Avec cinquante mille tickets prévendus avant le vernissage (un record), nul doute que l’anticonformisme et la liberté de Bowie feront encore bien des émules.
        
Victoria and Albert Museum
Cromwell Road
SW7 2RL Londres

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