mardi 21 août 2012

Girls don't just want to have fun


Texte de Violaine Schütz publié dans le Bonbon Nuit n°25

Non les filles ne sont pas de petits êtres mignons rêvant à longueur de journée de cupcakes et de mariage en robe meringue immaculée. Le monde des séries TV semble enfin l'avoir compris en nous servant sur un plateau d'argent trois shows en or plein de girl power trash et de mauvais sentiments.

Dans le premier épisode de New Girl, série américaine avec Zooey Deschanel dans le rôle de Jess, l'héroïne veut faire une surprise à son copain en l’accueillant nue. Pas de bol, il est en train de la tromper avec une autre. Le reste du temps, elle pleure son ex en mangeant des glaces devant un DVD. Dans le dernier épisode de Girls, Hannah (jouée par Lena Dunham, l'actrice principale et aussi créatrice de la série, tout juste 26 ans-oui c'est énervant) s'est faite largué, volé son sac dans le bus de nuit et se retrouve au petit matin à déguster seule, en robe de soirée un énorme gâteau plein de gras. Et dans 2 Broke Girls (« 2 filles fauchées ») Max, serveuse désabusée et vulgaire se retrouve à cohabiter avec Caroline, fille à papa superficielle, qui se retrouve du jour au lendemain sans le sou. Le choc est rude. Quelle est le point commun entre toutes ces girls ? Elles n'ont rien des princesses en stilettos qui parcourent certaines séries TV depuis des lustres, de super héroïnes au brushing parfait ou d’enquêtrices en tailleur bien coupé. Parfaites looseuses, elles galèrent pour avoir un job (pourri) ou un stage non rémunéré à l'instar d'Hannah dans Girls, pour avoir un mec (Jess dans New Girl), gagner de l'argent (et leur indépendance), pour s'entendre avec leurs parents, leurs copines ou rentrer dans leurs fringues. Elles sont tatouées, parlent mal, se font avorté, pleurent beaucoup, et peuvent toujours compter, au final, sur leurs copines. Bref des filles comme les vraies filles d'aujourd'hui, celles de 2012, une bande de copines de la génération twitter (elles ont toutes la vingtaine) à laquelle on s'identifie plus facilement qu'aux aînées de Sex And The City qui passaient quand même un bon tiers de leur temps à boire des Cosmopolitan entre deux ballades en taxis dans Manhattan en Manolo Blahnik. Comment suivre sans le salaire de tradeuse? Avec les nouvelles filles du petit écran, on se sent moins seules, et moins connes. Et vu les 3 millions de chômeurs actuels, on est en droit d'attendre plus un reflet compatissant (et amusant) que du rêve et des robes à paillettes. Dans la lignée du film sans tabous Mes meilleures amies (produit par Judd Appatow, aussi aux manettes de Girls), on voit des femmes qui n'ont pas peur de l'humour potache, du salissage de robe et de l’auto-dérision. Avec elles, un mythe se brise. Celui que les filles se doivent d'être polies, fidèles, gentilles, bien habillées, mignonnes, propres, drôles « mais pas trop », en un mot « bonnes à marier ». La séparation des genres en prend un coup, à chaque blague crue. Par de- là les vannes, une vraie leçon de girl power et de modernité. 2 broke Girls en ce moment sur Orange CinéHappy Girls en ce moment sur Orange Cinémax New Girl, racheté par M6, bientôt sur les écrans français