samedi 31 mars 2012

Le match des beaux gosses : si quelqu'un a leur 06...



Le mec qui est dans les deux derniers clips de Lana Del Rey versus Adam de Kindness, soit les deux plus beaux garçons du printemps...

dimanche 18 mars 2012

mercredi 14 mars 2012

Interview de Slash pour Gomina (par Emilie Mazoyer)


Gomina (RIP) / Gun Club

Avant de devenir rédac chef du Bonbon Nuit, j'ai lancé un fanzine pour le Scopitone intitulé Gomina avec le génial Joachim Roncin en D.A, et dedans on a publié des textes, photos et illustrations dont on était très fiers.En voilà un :


« I got the keys to the kingdom and the world can’t do me no harm » 

The Gun Club 
JEFFREY LEE PIERCE LE DIVIN
par Nicolas Ker

Kid Congo raconte qu’il a rencontré Jeffrey Lee Pierce dans une boîte de nazes à Los Angeles et que celui-ci, au terme d’une nuit de cuite, lui a proposé de monter un groupe ensemble, et que Congo serait le meilleur guitariste du monde alors qu’il n’avait jamais joué une note. Un an après, les Cramps (qui sont déjà une pointure, rien à voir avec le statut de losers du Gun Club) proposent à Kid Congo de les rejoindre, il hésite par loyauté envers Jeffrey, celui-ci lui rétorque instantanément : « Fais-le direct, moi à ta place je le ferais, de toute façon on rejouera ensemble parce qu’on
se marre bien tous les deux et qu’on sait tous les deux que l’art ce n’est pas si important que ça. » Et en ça, Jeffrey Lee est divin.

D’ailleurs, deux ans après, Kid Congo, s’étant emmerdé chez les Cramps, rentre à Los Angeles, traîne à nouveau avec Jeffrey. Celui-ci a obtenu un financement conséquent et un des meilleurs studios de L.A, et un soir de cuite, il
propose à Kid Congo d’en profiter et d’aller enregistrer n’importe quoi, genre ils engagent le pianiste de Julio Iglesias, reprennent un vieux blues pourri de comédie musicale (une sorte d’équivalent de « Cats » de l’autre truffe de Broadway, Andrew quelque chose), « The Las Vegas Story », rigolent de leurs propres blagues (il suffit d’écouter l’album pour se rendre compte que c’est magnifique)… Un soir, totalement raide, Jeffrey lui dit : « Il faut quand même faire une belle chanson pour faire genre. » Il prend une guitare et compose « Secret Fires » en 10 minutes et en ça, Jeffrey Lee est divin.

Billie Holiday, dans son autobiographie, raconte qu’elle a toujours fait n’importe quoi : elle a par exemple acheté un salon de coiffure à sa mère et s’est ramenée complètement bourrée à son inauguration. Sa mère, ultra-énervée, a jeté Billie dehors en lui disant qu’elle lui foutait la honte devant ses amies. Billie s’est dit : « salope, c’est moi qui lui ai acheté son salon, cette bonniche ingrate, je vais me venger » et, toujours totalement raide, est rentrée chez elle et a écrit « God bless the child » pour pourrir sa mère. Elles se sont évidemment réconciliées le lendemain, la chanson est restée. Jeffrey Lee Pierce et Billie Holiday sont tellement investis par une tragédie d’une ampleur universelle et d'une compréhension intime de celle-ci
qu’ils ne peuvent plus que faire des blagues. Et leurs blagues ont la dimension de celle du démiurge qui nous a balancés comme des merdes sans fonction dans un univers sans sens, plein de tristesse et de beauté.
 

Kid Congo

“The last conversations I had he was very up and very happy and he was actually reading me stuff from his book like he was reading all of that stuff he was writing about channeling Isaac Hayes through the Tokyo radio tower. It was really insane stuff and he was reading that to me and we were completely hysterically laughing on the phone. And that was my last conversation with him. Which was, in hindsight, a nice last conversation to have.”

Interview Charlotte Gainsbourg vs Connan Mockasin pour TSUGI 47 : Rencontre en exclu



Texte de Violaine Schütz paru dans TSUGI n°47

Charlotte Gainsbourg et Connan Mockasin
Love on the beat

Entre le génie bizarre pop néo-zélandais et la petite fiancée des Français, c'est comme une évidence. Partageant le même univers intimiste, aquatique et mélancolique, Charlotte Gainsbourg a demandé à Connan Mockasin d'écrire un titre pour son nouvel album, Stage Whisper et d'enregistrer avec lui un live pour Canal+. L'occasion de faire se rencontrer (en exclu) ces deux sensibilités touchantes.

Comment vous êtes vous rencontrés ?
Charlotte (se tournant vers Connan) : En début d'année, j'étais en train d'écouter ton album et j'ai eu un déclic. Il y a quelque chose de spécial, d'original, d'hypnotique dedans, dans cette musique et la voix, surprenante. Et puis j'ai lu que tu avais fait ce disque tout seul dans la maison de tes parents, j'ai beaucoup aimé ce détail. J'ai ensuite découvert ce à quoi tu ressemblais...Mais on m'a dit que tu n'aimais pas trop de montrer...c'est vrai ?
Connan : Je crois que oui (rires). Je suis plutôt timide. De mon côté, quand Emmanuel De Buretel (de Because, le boss de leur maison de disques communes, ndr) m'a dit que Charlotte voulait travailler avec moi, j'étais très excité. Ce qui est amusant c'est que j'avais écouté pendant les fêtes de noël IRM de Charlotte en boucle. Drôle de coïncidence.

Comment avez-vous travaillé ensemble sur le morceau « Out Of Touch » qui figure parmi les inédits de Stage Whisper ?
Connan : On a passé deux jours ensemble. Ça faisait pas beaucoup de temps, et c'est assez épineux de travailler avec quelqu'un que tu n'as jamais vu avant ; Surtout que c'était nouveau pour moi car je n'avais jamais écrit pour quelqu'un. Mais ça s'est révélé très facile.
Charlotte : Ca ne m'intéresse pas qu'on m'écrive des chansons dans son coin pour me les amener ensuite. C'est l'interaction en studio qui me plaît, le processus.

La chanson s'intitule « Out Of Touch », c'est l'image que tu te faisais de Charlotte, Connan, intouchable et lointaine ?
Connan : Peut-être. Ces paroles me sont venues comme ça, en la voyant évoluer en studio, elles collaient à la musique. Mais en fait elle n'a rien à voir avec ça. Elle est très gentille et avenante.
Charlotte : On se connaissait pas du tout, d'ailleurs on ne connaît pas du tout les goûts de chacun.
J'aime beaucoup le début d'une rencontre, quand tu ne sais pas encore qui est l'autre. J'apprécie le fait qu'on ne se connaisse pas (rires).
Connan : Je ne sais comment je dois le prendre (rires).

Connan est blond, petit et il te fait des chansons, il est pas un peu jaloux?
Charlotte : Je sais pas, j'ai pas encore osé lui en parler (rires).

Vous vous êtes trouvé des points communs, Connan et toi ?
Charlotte : Quand une collaboration ne fonctionne pas ça signifie qu'il n'y avait pas de connexions. Si on arrive à travailler ensemble, c'est donc qu'il y en a. Je ne suis pas sûre d'être très claire là...mais c'est exactement ça, pourtant.

Quand je suis entrée dans ton appartement (l'interview se déroule chez Charlotte), j'ai vu une peinture d'un enfant très coloré, c'est de toi Charlotte ? Parce que ça ressemble à certains dessins de Connan...
Charlotte : Oui c'est une peinture que j'ai faite de mon fils. Mais Connan, tu peins ? Je ne savais pas. Je veux voir. C'est toi qui a fait la pochette de ton disque ?
Connan : Oui. Il y en a d'autres dans le livret et j'ai peint la vidéo de « Forever Dolphin Love ». En fait je crois que je peins plus que je ne fais de la musique.

Vous avez tous les deux sortis un live (Connan, avec ton disque Please Turn Me Into The Snat) et Charlotte, Stage Whisper se présente comme un double CD avec un concert (en plus de 8 titres inédits enregistrés en studio), pourquoi ce choix ?
Charlotte : Je trouvais que c'était une bonne manière de clôturer la tournée, en laissant une trace, car c'était nouveau et assez fort pour moi de faire des concerts. C'était aussi un moyen d'avoir un pied dans le passé (parce que ça me semble vieux maintenant) et un autre dans le futur, avec les nouvelles chansons. Comme ça je peux dire que ce n'est pas un vrai nouvel album, et j'ai moins de pression, d'interviews programmées (rires). C'est moins stressant.
Connan : J'ai enregistré le disque lui-même comme un live. Quand j'ai décidé de le faire, je l'ai écrit dans l'ordre final des chansons, en une session, comme pour raconter une histoire, et rester dans la spontanéité.

Connan, la dernière fois que je t'ai interviewais, tu disais que tu voulais être acteur plus jeune, et que tu aimerais écrire des B.O's de films (voir des films tout courts) et Charlotte, tu es comédienne, vous ne pourriez pas vous borner à un seul art ?
Connan : C'est très ennuyeux d'être cantonné à une seule et même chose et usant je pense.
Charlotte : La seule façon de contourner cet ennui c'est de faire plusieurs choses à la fois, d'étreindre plusieurs univers. Je suis contente de pouvoir faire un film, puis d'aller en studio, d'être libre de changer. A un moment donné, comme j'ai commencé la musique tard, je pensais qu'il fallait que je me concentre que sur ça, mais c'est pas possible pour moi.

Charlotte, quand on voit tes choix de films (tu peux passer d'une comédie française à Lars Von Trier) et tes choix musicaux (tu as travaillé avec Air, Beck, Jarvis Cocker, Electric Guest, Noah & The Whale, The Villagers, il semblerait que tu aimes prendre des risques...
Charlotte : J'aime les changements, les découvertes, les surprises ou l'impression qu'elles sont possibles. J'ai essayé sur ce disque une chanson plus énergique, disco presque (comme « Paradisco » sur Stage Whisper), ou de chanter de manière plus agressive, et puis le lendemain je pouvais être complètement à l'opposé. Posée, timide et mélancolique, comme le jour où j'étais en studio avec Connan. Cet état se rapproche plus de moi et le naturel finit toujours par revenir au galop. Mais je sens constamment qu'il faut que je dois me battre contre moi-même.
Connan : Je connais ça. Je déteste faire des choses que je m'attendais à faire. Pendant des années j'ai pas toucher de guitare. Je me disais : « mais pourquoi ? ». Et puis un jour c'est revenu, naturellement, je ne sais pas comment.
Charlotte : Parce que c'était toi. Se bousculer c'est bien, en même temps revenir à soi est un tel confort.

Connan, pendant longtemps tu jouais dans un groupe de blues qui ne te convenait pas, Connan & The Mockasins, en Nouvelle-Zélande, et Charlotte, tu as attendu 20 ans avant de refaire un disque (après Charlotte For Ever), vous avez l'impression que ça a été difficile de trouver votre voie ?
Charlotte : Je suis très très lente. J'aime prendre mon temps. Et puis je réalise les choses tellement tard (rires).
Connan : Longtemps, j'étais coincé dans un groupe qui ne me plaisait pas, à faire des compromis, avec deux autres gars. J'avais envie de faire autre chose, je pensais déjà un projet solo, j'étais malheureux, mais j'ai mis du temps à me lancer. Je ne peux pas écouter les morceaux que j'ai fait il y a des années, je les trouve vraiment mauvais. Quand mon frère les écoute, je l'engueule. Je lui dis : « mais comment tu peux écouter cette merde ? ».

Connan, ta mère a joué un rôle important dans ta carrière, il me semble, Charlotte, tes parents chantaient, quel a été le rôle exact de vos parents dans votre carrière ?
Connan : J'ai enregistré l'album dans une petite maison en bois à côté de celles de mes parents, ma mère m'amenait du café, de la bouffe pendant que je répétais. C'est elle qui m'a dit qu'il fallait que je fasse ce disque. Elle savait qu'il fallait que j'ai de l'argent et un boulot, mais elle voyait que je n'étais bon à rien, que je ne faisais rien alors elle m'a dit il faut vraiment vraiment que tu enregistres. Quand j'ai aménagé à Londres il y a deux ans, j'avais pas d'argent, j'étais naïf et j'ai dormi dans un parc pendant 6 semaines avant de trouver un endroit où squatter. J'avais pas de sécu, pas de concerts, aucun contact dans les labels, et ma mère m'a redit : « faut vraiment sortir ce disque ». Elle est aide enseignante pour des enfants handicapés, n'a rien à voir avec la musique, mais elle m'a très jeune laissé faire ce que je voulais faire. Avec mes frères, elle nous aider à transformer les déchets des fermes qui entouraient notre maison pour fabriquer des objets qu'on exposait dans notre jardin. Quand je vois des amis hipsters qui ne savent toujours pas ce qu'ils veulent faire de leur vie, et à quel point c'est stressant, je suis heureux d'avoir eu une bonne mère.
Charlotte : Pour le chant, ma mère m'a rien dit. Mais à 12 ans, alors qu'elle tournait un film avec une fille de mon âge, elle a vu à quel point j'étais jalouse et elle a accepté que je me rende à un casting. Je n'ai jamais rien entendu de négatif de sa part, jamais un « fais attention » ou «n'y vas pas, il n'y a pas assez de boulot dans cette branche. » Elle me laissait faire. A 12 ans, j'étais en train de tourner seule au Canada, et mes parents n'y voyaient rien à redire. Avec mes enfants, je ne suis pas du tout comme ça, je suis très flippé. Si ils me disaient « je veux chanter», je serais vraiment paniquée. Mais mes parents naïfs, honnêtes et spontanés, pensant que rien de mal pouvait arriver, partageant tout avec tout le monde, prenant des photos de la famille, les montrant. Mon père adorait la presse ! C'était fait de façon très normale, désinvolte. Maintenant, on trouverait ça horrible de faire autant de photos de ses enfants. Les temps ont vraiment changé.

Charlotte Gainsbourg - Stage Whisper (Because)
Connan Mockasin – Please Turn Me Into The Snat (Phantasy/Because)

+++Boy meets girl
En cherchant des points communs entre les deux musiciens, on a trouvé deux faits marquants. Le premier concerne leur vie privée. Vers l’âge de 4 ans, Connan décida de changer de sexe. Pendant six mois,il vécut ainsi en tant que petite fille : son nom était Daisy et il ne portait que des vêtements de fille. De son côté, Charlotte a longtemps, avant d'être une fille réussie, joué les garçons manqués. Enfant, on la prenait toujours pour un garçon, avec ses cheveux courts, et sa silhouette androgyne. Pour ce qui est de la musique, Serge Gainsboug reste une influence commune. La basse ronde des morceaux de Connan évoque souvent l'album Gainsbour Percussions et « It's Choade My Dear », l'Histoire De Melody Nelson. Charlotte avoue aussi que son père marque aussi ses disques.