mardi 5 juillet 2011

samedi 2 juillet 2011

Playlist juillet 2011


Theophilus London - Flying Overseas
Factory Floor - A lying (Chris Carter remix)
Donna Summer - She Works hard for the money
Maceo Plex - Your Style
Carly Simon - Why?
Instant Funk - I got my Mind Up
Austra - Lose It
Primal Scream - Higher Than The Sun
Light Asylum - Dark Allies
Paul Martin - Le troublant témoignage de Paul Martin
Carte Blanche - With You
Wu Lyf - Summas Bliss
Sharon Redd - Beast Street
Housse de Racket - acapulco
Busta Rythmes - Gimme Some More (extended)
Carte de Sejour - Ouadou
Joakim - Forever Young
Les fils de joie - Tonton Macoute / Havana Affair
The Rapture - How Deep Is Your Love?
Pet Shop Boys - West End Girls
Bill Wyman - Love such a wonderful thing
Maria Minerva - Disko Bliss

Le Bonbon Nuit 11 (juillet 2011) Interview d'Arnaud Rebotini


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Le bon DJ/producteur

Arnaud Rebotini
Dieu des machines

Véritable activiste de la scène électronique française, Arnaud Rebotini traîne sa banane corbeau gominée et son look de rock star un brin dark dans les clubs avec ses projets Black Strobe, ou Zend Avesta depuis 15 ans. Il revient les scènes avec Someone Gave Me Religion, un deuxième album solo qui réhabilité le machines vintages. Entretien avec un man machine très humain.

Après avoir intitulé ton premier album solo Burn your own church (2007), tu intitule le deuxième Someone gave me a religion, tu as trouvé la foi ?
En fait, ça vient d'un morceau de Son House, un blues man folk des années 30 qui a fait des enregistrements jusque dans les années 60, 70. Il avait un titre, un des ses classiques, appelé « Preachin' Blues », qui commence à priori par cette phrase « Someone gave me a religion ». Je dis à priori car on ne comprend pas très bien. Ça m'a interpellé, c'est que ce qui te donne une religion ne soit pas nommé. Et ça m'a d'autant plus interpellé que ceux qui ont donné une religion aux bluesmen étaient des blancs. Il y a toujours un parallèle à faire entre les bluesmen, totalement déculturés, qui ont posé les fondements de la culture populaire actuelle et ce qui s'est passé après. Le blues est une musique universelle en Occident, les Rolling Stones en ont fait, les White Stripes aussi. Et tout ce qu'on peut vivre avec internet montre qu'on est aussi déculturés que les esclaves noirs. On est obèses de culture, du coup on se sent perdus d'un point de vue identitaire.

Ça fait plus de 15 ans que tu es dans le milieu de la musique électronique, est-ce que tu as aussi senti que ce milieu était en perte de sens ?
Ben justement l'idée de faire des albums de techno est à contre courant de ce qui se fait dans cette culture, où on sort plutôt des tracks destinés aux dancefloors. La culture techno ne se résume pas à ça. Quand tu penses à l'histoire de la house et des musiques électroniques, il s'agit au départ de prendre le rythme du disco et de mélanger ça avec de la new-wave et du krautrock. C'est ce que j'essaie de faire avec mes albums. J'ai envie, à mon niveau, de mettre du sens et de la poésie dans une musique instrumentale. Pas que des morceaux cool et qui groovent.

Tu viens du rock, et non de la techno...
Oui, ado, j'écoutais tout ce qui était noise. Jesus And Mary Chain, Sonic Youth, Swans. Après vers 20 ans, j'ai découvert le métal avec Napalm Death. Puis j'ai joué de la guitare dans des groupes de noise.
Avec ton look on t'aurait d'ailleurs bien vu dans un groupe de rockabilly ou de métal, est ce que ton image t'a desservi dans le milieu techno ?
Je ne suis pas dans l'archétype du mec qui fait de la techno, mais c'est quoi l'archétype du mec qui fait de la techno ? Un chauve avec des lunettes ? Ça m'excite pas des tonnes. Et black de Detroit, je peux pas. J'essaie d'être libre et j'aime le rock. Et puis Black Strobe, c'est un groupe.

Justement, que devient Black Strobe que tu as fondé avec Ivan Smagghe (et qui ne fait plus partie du groupe après quelques disputes)?
On travaille sur le prochain album qui est bientôt terminé. Il est très influencé par le blues et va aussi taper dans le disco. Il sera boogie dans plusieurs sens du terme.

Et qu'est-ce qui s'est passé avec Ivan, vous vous êtes disputés ?
Ca s'est fini pour des histoires d'interviews, d'égos, et moi je ne voulais plus forcément travaillé avec un DJ. Et il habite à Londres. On se parle de temps en temps.

Pourquoi avoir voulu te lancer solo ?
Pendant la deuxième partie de la tournée de Black Strobe j'avais retrouver un Juno 60, dont le son m'a bluffé. J'ai retrouvé un plaisir juvénile à faire de la musique comme ça, sans ordi. De là, l'idée est venue de la volonté de faire un live avec beaucoup de machines qu'on branche entre elles sans intervention de laptop. J'ai alors contacté le label Citizen pour qu'ils me trouvent des dates de booking. Et là, Fred du label m'a dit : mais pourquoi tu n'en ferais pas un album ? C'est comme ça qu'est né le concept de Music Components : de techno mélodique, un peu mélancolique, faite avec des vieux synthés des années 70 et 80. J'ai un peu plus de synthés maintenant, et des vidéos et des strobes avec deux écrans sont prévus pour le nouveau live.
Depuis la sortie de Music Components, beaucoup de producteurs sont aussi revenus aux machines, du coup, tu as changé des choses pour Someone Gave Me Religion ?
Je voulais faire une techno très musicale, en commençant par des titres qui n'ont pas forcément de beat. C'est une dimension de la techno qu'on a un peu oublié, l'ambiant. J'ai aussi écouté beaucoup de krautrock, du Tangerine Dream, Cluster, Neu !.
Tu as été disquaire chez Rough Trade, quel regard portes-tu sur la musique dématérialisée et sur l'évolution de la musique ?
Je télécharge pour des DJ sets, mais quand j'adore, j'achète les disques en physiques. Et beaucoup de vinyles. Après, plus globalement, la technologie a toujours fait évolué la musique : l'arrivée de la guitare électrique a crée le rock. D'autres genres meurent avec des technologies aussi. Le reggae est quasiment mort quand ils sont passé des delays analogiques au digital. Après 78, ça sonne moins bien. La grosse révolution, c'est l'abaissement des coups de production : tu peux produire un disque, faire un clip et le mettre sur internet puis devenir une star pour un coût minime. Après tout le monde n'a pas grand chose à dire, il suffit d'aller sur beatport ou soundcloud pour s'en rendre compte.

Ses clubs préférés à Paris
Chez Moune, même si le son est pourri, Guido est cool, il fait chaud, c'est à côté de chez moi et ça me rappelle le Pulp.
Le Social Club en semaine.
Le Rex, pour les soirées techno.

Someone Gave Me Religion (Blackstrobe Records)
En live à la Gaité Lyrique le 30 septembre