mercredi 29 juin 2011

Une soirée chez Michou (Papier publié dans le Bonbon 10 /juin 2011)


Texte & Photo : Violaine Schütz

Michou
True Blue

Le 20 juin, inénarrable et très bling bling Michou, dernier grand personnage de la nuit, fêtera ses 80 au Trianon, entouré de 80 artistes. Il fallait au moins ça pour célébrer cet excentrique aux lunettes bleues et au brushing impeccable qui a survécu au music-hall. L'icône connue jusqu'à Las Vegas, nous a invité à boire du champagne (« sa cure de jouvence ») dans son cabaret rue des Martyrs, Chez Michou, ouvert depuis 55 ans. Récit.

« Vous êtes en face du dernier dinosaure », blague Michou, présent dans son cabaret ce soir, comme tous les soirs depuis 55 ans. « Pas une soirée que j'ai raté. Toute la journée j'attends ce moment. Quand les gens réservent, ils s'assurent toujours que Michou est là. Mais quel joie, quel bonheur, d'être là chaque soir, et de voir l'accueil qu'on me réserve. J'ai le droit à une fête toutes les nuits ». Quand l'homme en bleu arrive dans la salle, portant dans ses bras une mascotte à son effigie, tous les clients sont déjà installés, et l'accueillent en effet comme un roi. Le roi de la nuit. « Je suis parti de rien, je vivais près d’Amiens en Picardie, dans un milieu modeste qui avait vécu la guerre. Je ne rêvais que d'une chose, Paris et ses lumières et devenir populaire. La chose dont je suis le plus fier est d'être devenu une institution. On va chez Michou, comme on va au Crazy Horse, au Moulin Rouge ou au Lido». Michel Catty, surnommé «Michou», est né en 1931 d'une mère ouvrière et de père inconnu, et a été élevé par une grand-mère qui ne savait ni lire ni écrire. Autant dire que les lumières de la capitale n'étaient pas gagnées. Un de ses plus vieux amis, assis à notre table, qui a été la star de son cabaret pendant 30 ans, Hortensia, nous raconte : « Il est vraiment parti de rien, il avait vécu le contexte de la guerre, il voulait tenter sa chance. À 17 ans il décide de monter à Paris, muni d’une simple valise. Quand il est arrive à Paris, il a enchaine les petits boulots : vendre des journaux, faire la vaisselle dans des restaus...Puis il achète ce petit fond de commerce, au 80 rue des Martyrs, dont il fait un restau. Un soir de Carnaval, il a l'idée avec ses amis, la Grande Eugene, Fosfati, et d'autres, de venir déguisés en femmes. Les clients ont trouvé ça très sympa, des journalistes de l'époque comme Yves Mourousi, se sont intéressés au personnage, de là est né le spectacle. »

Celui que l'on surnomme Mimi ou le grand Chouchou était là avant la mode du burlesque. Stéphane, du Shoo Bi Dou, copie conforme de Chez Michou dont l'homme en bleu est le parrain, nous raconte : « Il y a un moment où le cabaret a été ringard, mais avec la mode du burlesque, tout le monde s'est souvenu de son rôle de pionnier. Le concept diner-spectacles a beaucoup été copié, avec plus ou moins de réussite. Et je peux vous dire que quand Michou partira, tous les transformistes du monde seront en deuil. Michou est quelqu'un de vrai, qui ne fait pas semblant. Il est là tous les soirs, en donnant beaucoup aux gens. Aucun acteur, au bout de deux heures de prise, ne peut en dire autant. Ce n'est pas un rôle.» Et c'est vrai que Michou, pourtant assez fatigué ce soir de l'avis de ses amis, donne de sa personne ce soir devant une salle comble (comme tous les soirs sept jours par semaine depuis plus de 50 ans).
Quand les clients (de tout âge) ont fini de manger, il se lève pour monter sur scène entouré de ses Michettes (serveurs et transformistes fardés étrangement beaux) et leur offrir quelques anecdotes et blagues. Florilège : « Vous savez pourquoi on mange si bien chez Michou? Parce que ça fait 15 ans que j'ai la chance de coucher avec le boucher »; « Un soir, il y a quelques mois, un type vient vers moi dans un café de Montmartre et me dit, vous permettez que je vous offre un verre? J'accepte, surtout que, pas mal le mec. Là, il me dit qu'il va venir au Cabaret ce soir, car c'est son anniversaire. Je lui : c'est pas vrai! Laissez moi vous offrir un très beau cadeau alors, laissez moi vous offrir mon corps! Là, le type me répond : « Il n'y a rien de plus récent? » Je vous assure que c'est vrai. »; « Une autre jour, un gars me dit : Michou, toujours les mêmes lunettes? Je répond à cette question con : Oui, et toujours les mêmes fesses! ». Une dernière pour la route? «Un couple d'amis à nous a adopter un petit garçon. Un jour, leur fils se retrouve dans la salle de bain et dit à son père, qui se douche, « Papa, qu'est que tu as un gros zizi! » Le père répond « Ah, mon chéri, mais si tu voyais celui de ta mère! » La salle glousse.

Michou nous réserve en tête à tête le même traitement. Quand on lui demande très sérieusement ce qu'on mange au cabaret, il nous répond « du boudin », devant les rires à gorges déployées ses amis et admirateurs. On essaie pourtant d'évoquer des sujets moins potaches. Pourquoi le bleu, par exemple? « Parce qu'un jour je me suis retrouvé dans le Sahara, et j'ai été frappé par les touaregs, ces hommes bleus du désert. Je m'en suis inspiré? » Et comment fait-il, à bientôt 80 ans, pour assurer le show, tous les soirs? « Je ne bois que du champagne, c'est ma cure de jouvence, mon secret beauté. » Pas facile de sortir du registre du showman, et pourtant au bout de quelques verres de «fontaine de jouvence », on y arrive, quand on évoque l'initiative dont il parle le moins. Parrain d'une tonne de projets de proximité dans son quartier chéri, il accueille tous les mois dans son cabaret les personnes âgées de Montmartre. « Pourquoi vous dites le mot vieilles dames? Ce ne sont pas des vieilles dames. Vous savez, je fais partie du troisième âges maintenant! Ce sont des copains et des copines. Je fais ça en souvenir de ma grand mère. » Cette mamie, qui l'a élevé en Picardie, et écoutait peut-être du music-hall, faisant naître chez le petit Michou des rêves de gloire et de paillettes. Aujourd'hui, son cabaret rempli de photos de lui à tous les âges entouré de stars et d'hommes politiques, montre qu'il a réussi à faire de sa vie une œuvre. Le spectacle commence lorsqu'on quitte la salle, place à la revue de transformistes, dont Michou fut grande figure comme l'atteste de sublimes photos de lui en Brigitte Bardot plus vraie que nature. Plus que kitch, le mot qui nous vient alors à l'esprit, c'est : émouvant.


Cabaret-Restaurant Chez Michou
80 Rue Martyrs
75018 Paris

Les 80 ans de Michou au Trianon, le 20 juin, dès 20h

Mon article sur le Silencio (et David Lynch) pour Satellite Voice en ligne

http://www.satellitevoices.com/fr/paris/culture/888/david-lynch-sapprete-a-ouvrir-un-club-a-paris

Vierge à l'enfant

Cher

Le nouveau Flavor est sorti, avec mes chroniques musique dedans!


Dark Allies

mardi 28 juin 2011

Forever Young



Joakim - Forever Young (Official Video) from TIGERSUSHI on Vimeo.

There is a party in my mind, I'm the one invited

Muscien : ça eut payé (enquête parue dans Tsugi n°38) début 2011



Musicien : ça eut payé

Texte : Violaine Schütz

La musique, ça fait rêver, mais la réalité c’est que beaucoup de musiciens et producteurs français de la génération home-studio ont du mal à joindre les deux bouts. Comment et de quoi vivent-ils ? Témoignages.

Cet été, on croisait le chanteur d'un groupe de pop-rock parisien qui a la côté en train de vendre des figurines dans un grand magasin. Alors qu'on le saluait généreusement, on fit face à des yeux baissés et une voix balbutiante. Gêné, l'artiste, hype, ne voulait pas qu'on le voit ainsi, dans le rôle de vendeur, alors que quelques jours auparavant il faisait danser un club entier de la capitale. Quand on a commencé ce papier, on s'est retrouvé face au même désarroi qu'Erin Brockovich se battant seule contre une société impliquée dans une affaire d'empoisonnement, le sourire ultra bright et les deux mètres de jambes en moins. Silence, stupeur, tremblements. Personne, même parmi les « amis » que l'on a dans ce milieu n'était capable de s'étendre sur le sujet. Pour un Nicolas Ker qui avoue avec franchise que Jean Marc Barre a pris l'un des titres de Poni Hoax pour le générique de son prochain film, et qu'il (ne) va toucher (que) 200 euros, ou qu'il a empoché 1000 euros pour chanter sur Aeroplane (contre 250 pour prêter sa voix au dernier titre de Black Devil Disco Club), dix nous répondaient : « J'ai peur que ça enlève du rêve ». C'est que les temps sont rudes et l'on éprouve toujours une certaine honte à dire qu'on ne gagne pas des milles et des cents. “Un jour, en tournée, un type me dit : ‘Je suis timide, à chaque fois que je te croise, je n’ose pas venir vers toi. Je t’ai vu chez Taddeï, t’es une superstar, mec.’ Je lui demande ce qu’il fait dans la vie. Il me répond : ‘Boulanger’. Je réplique : ‘Tu gagnes plus que moi’. Il hallucine. On compare. J’avais raison.” Cette anecdote racontée par Nicolas Ker, chanteur de Poni Hoax, résume bien les choses. Beaucoup de musiciens d’aujourd’hui avouent ne pas gagner leur vie. Si certains DJ’s s’en tirent plutôt bien, les groupes rock ou électro, qui ne sont pas encore sortis de l’underground par la magie d’un tube, galèrent. Les Penelopes, duo signé chez Citizen, confirment : “Aujourd’hui, pour le même niveau de notoriété qu’au début des années 90, un artiste ne peut plus vivre uniquement de sa musique. Tu ne peux plus faire comme XTC : sortir un disque puis te cacher dans ta cabane. En France, on est à fond dans le do it yourself mais on arrive à la limite de ce système débrouille.” Nicolas Ker rajoute : "La musique ça rapporte rien. On était en tournée avec Jeanne Balibar en Allemagne, on s'est retrouvé dans une petite ville dans une chambre d'hôtel minable, à quatre, collés les uns contre les autres. On jouait live le soir. Le lendemain, Jeanne devait faire de la promo pour un film de Rivette. On a tous été logés dans une chambre single d'un palace, alors qu'on ne jouait pas. Et pourtant, Rivette, c'est pas Spielberg". Le constat est amer. La crise touche tout le monde. L’avènement du numérique ne ferait que fragiliser le système. Alors, comment gagne-t-on sa vie quand on est musicien ?

Avance, ventes et droits
Jean-François Perrier alias Grand Marnier, producteur, musicien (pour Yelle notamment), affirme : “Les artistes touchent quelque chose sur les ventes de disques, mais il faut en vendre vraiment beaucoup pour que ce soit significatif.” L’artiste signé par une maison de disques touche d’abord une avance, extrêmement variable en fonction de la notoriété dont il bénéficie, puis un pourcentage sur les ventes : les “royautés”. Les maisons de disques disent reverser, pour les “jeunes” artistes, entre 8 et 12 % du prix de vente d’un CD, et entre 12 et 15 % pour les artistes confirmés. Mais ce pourcentage peut être réduit si le label a payé l’intégralité de la production de l’album. Quant au reversement par la Sacem des droits d’auteurs nés de la diffusion des œuvres dans divers lieux et supports, ils ne sont pas pris en compte dans ce calcul mais ne représenteraient presque rien si l’on en croit la dizaine de musiciens interrogés. Le merchandising (t-shirts, hoodies, mugs…), lui, servirait tout au plus à se payer des bières. Alors, pour joindre les deux bouts, certains musiciens optent pour un boulot à mi-temps, voire plusieurs.


La double vie de Lisa
Il y a encore deux ans de ça, Julie Budet aka Yelle conservait son emploi-jeune d'administratrice d'une compagnie de clowns près de Saint-Brieuc en continuant la musique à côté. Lisa Li-Lund, qui vient de sortir un disque chez Versatile (The Big Crunch Theory), un morceau sur la compile Voyage 2 du label Pan European et bientôt un titre avec les Gentlemen Drivers chez Because, travaille en parallèle dans une boutique d’appareils photos, fait des traductions et d’autres petits boulots, tout en répétant sa tournée. “Dès que j’ai pu partir en tournée et gagner assez d’argent pour ne faire que ça, j’ai abandonné les boulots à plein temps. Cependant, je dois encore bosser régulièrement à droite, à gauche. J’ai vendu des glaces, donné des conférences au Louvre, été commissaire d’exposition pour la division des arts plastiques de la Ville de Paris, organisé des expos pour une galerie de Brooklyn, donné des cours de français à de jeunes enfants de milliardaires à New York, joué les vendeuses dans des boutiques de fringues classes de la rive gauche à Paris, assisté mon père à son cabinet médical, été barmaid au Pop In, assistante-scénariste et j’ai même joué la ‘video-vixen’ dans un clip de N*E*R*D.” Mais certains n’arrivent pas à mener cette double vie. Nicolas Ker raconte : “J’ai tenté d’être déménageur, mais j’ai tenu une semaine. Le job que j’ai gardé le plus longtemps, ça a été huit mois, dans le télémarketing. À chaque fois que je montais les escaliers en rentrant chez moi, j’entendais une grosse voix me dire : ‘Il était supposé être une rock star…’ Pendant cette période, je n’ai pu écrire aucune chanson. Sinon, j’ai toujours été au RMI jusqu’au jour où j’ai touché l’intermittence.”

Enregistrer pour Dave
L’intermittence, c’est le modèle le plus répandu chez les musiciens indé français. Pour en bénéficier, il faut donner quarante trois concerts en dix mois. Tous déclarés. Dans ce cas, on peut espérer gagner environ 1 200 euros par mois, soit presque un Smic. Beaucoup luttent pour conserver ce statut. Grand Marnier reconnaît que “certaines personnes basculent dans la course à l’intermittence et s’inquiètent surtout de faire suffisamment de cachets pour ne pas perdre leur statut. Le risque ? Voir la passion passer au second plan.” D’autres conservent leur enthousiasme tout en enchaînant les dates ou les “travaux” de requins de studio pour des musiciens plus populaires. Laurent Bardainne, compositeur et clavier de Poni Hoax, explique : “Pour un groupe indé, gagner de l’argent est une croisade, longue et risquée. Il faut jouer gratuitement au début, partout et tout le temps. Le public se crée, fidèle, on finit par être payé et faire quelques DJ-sets à côté. Des marques comme agnès b aident à monter des tournées à l’étranger et nous habillent. J’ai fait du bal, la manche sur les terrasses, dans la rue, le métro, des fanfares, enregistré pour Dave, Olivia Ruiz, Abd Al Malik, Julien Doré. Avec Poni Hoax, faire un mauvais titre aguicheur qui ne nous ressemble pas, on n’y arriverait pas, même pour des thunes. Par contre, écrire de la dance pour Christophe Willem, carrément ! Dans ce cas, ce n’est plus notre identité qui est en jeu, mais un savoir-faire.”

Jingle pub
Ce qui rapporte le plus aux artistes, en 2011, ce n’est pas jouer les mercenaires de studio ou de tournée pour des stars “bankables”, mais bien parvenir à illustrer une pub TV. Sébastien Tellier a vécu un an grâce à sa chanson “La Ritournelle” utilisée dans une pub L’Oréal. Justice, Gonzales, Telepopmusik, Aswefall ou Housse de Racket ont eu la même chance. Et le pactole qui va avec. D’après Matthieu Sibony, patron de Schmooze (qui produit des bandes-son pour des films publicitaires ou des longs métrages), c’est un revenu intéressant pour les musiciens, qui leur permet de manger et financer l’enregistrement de leur prochain album sans empiéter sur leur liberté artistique. “Quand j’ai commencé, tout le monde pensait que faire la pub c’était se vendre, maintenant, tous courent après une synchronisation publicitaire. Pour un jeune artiste français, une musique sur une pub rapporte entre 40 000 et 80 000 euros, payés à sa maison de disques. Dans sa poche, il en reste un tiers, à se partager entre chaque membre du groupe. Dans ce modèle actuel, Kitsuné et Ed Banger sont ceux qui s’en sortent le mieux. Ils ont compris qu’à défaut de vendre des disques, il fallait intéresser les marques.”
Outre la possibilité de faire un gros carton en nouant un partenariat avec une marque (on aimerait bien savoir ce qu’a rapporté à Uffie son association avec Diesel l’an passé), certains avantages en nature se révèlent non négligeables quand on est une rock star, surtout en cas de dèche. Le chanteur d’un groupe de pop-rock français qui a cartonné en 2010, nous a confié ceci, tout en refusant que l’on cite son nom. “On n’est pas trop à plaindre, malgré tout. C’est un travail cool, je ne me lève pas à 5 h pour aller à l’usine, comme mes grands-parents. Mon boulot, c’est faire des interviews, écrire, enregistrer, voyager. Et même quand on gagne presque rien, on t’offre des sapes, des coups à boire, tu ne paies aucune entrée en boîte… Ça compense. Et puis, même si ce n’est pas facile tous les jours, vivre ou survivre de ce que tu aimes, en 2011, ça n’a pas de prix.”

ENCADRE

Le conseil d’Étienne Jaumet

“Les notions de réussite sont subjectives, alors mes conseils à un débutant pour qu’il puisse vivre un jour de sa musique n’auront pas beaucoup de valeur pour ceux qui considèrent que la célébrité et l’argent sont des gages de réussite. Pour ma part, je suis très heureux de ma situation, j’arrive à vivre de la musique et participer à de très belles aventures. Il n’y a, à mon sens, aucune recette pour percer. Signer sur une major peut aider, mais la grande majorité s’y brûle les ailes… La réussite dépend de tellement de facteurs incontrôlables : la musique que tu aimes faire, ce que le public à envie d’entendre, la concurrence, la chance… Je ne connais qu’une chose qui marche : la ténacité ! Alors, autant se faire plaisir et se consacrer à la musique que l’on aime et non pas à celle qui peut marcher. Lorsque l’on essaie de suivre une mode, c’est déjà trop tard : les maisons de disques ont déjà toutes signé un artiste dans le même genre en espérant qu’il se raccroche au wagon…”

mercredi 22 juin 2011

Playlist "pour la plage"

Wu Lyf - Summas bliss
Brigitte Bardot - Une histoire de plage
Lucio Battisti - Ancora Tu
Dirty Beaches - N'importe quel morceau
The Weeknd - The Party and the after party
Panda Pear - Surfer's Hymn
Carte Blanche - With You
Drake - Dreams that money can buy
Housse de Racket - Alésia
Elvis Presley - A devil in disguise
The Rapture - How Deep Is Your Love?
The Horrors - You said
Best Coast - Sun was high (so was I)
White Denim - Street Joy ou Drug
Primal Scream - Higher than the sun
Joakim - Forever Young (Discodeine remix)
Rone - So, So, So
The Weekend - Nostalgia

Charlotte Rampling

lundi 13 juin 2011

(Archives) Interview de Karl Lagerfeld (publiée dans Trax en 2006)


KARL LAGERFELD
En mode clubbing

Texte : Violaine Schütz

Karl Lagerfeld….On pensait qu’on n’avait plus à présenter l’homme. Pourtant, après avoir, il y a 2 ans, immortalisé Gonzales pour une couv Trax, il nous surprend encore. En sortant une double compilation de ses chansons fétiches, qui pourrait bien faire de l’ombre à toutes les Kitsuné et Colette de notre étagère « bon son-bon ton »…

Oui, Karl, le vrai, l’immense, l’unique, celui qui signe les collections Chanel depuis des lustres et traine sa silhouette dans tous les endroits qui comptent, ici, et maintenant, dans le club, avec nous ! Surprenant ? Oui et non. Car le styliste est loin de n’être qu’une silhouette blanche et noire un peu hiératique. Karl est un curieux. Passionné de photo, il a shooté Miss Kittin à ses débuts et ouvert une maison d’édition (7L, responsable de la sortie des bouquins d’Hedi Slimane), c’est aussi un critique d’architecture et un caricaturiste hors paire. Mais surtout, et c’est pour ça qu’on le prendrait bien comme pote, le Karl est un fin connaisseur en matière de son (diurne et nocturne). On vous laisse en juger par vous-même, en jetant une oreille sur sa compil : Matmos, The Fall, Lindstrom, Mayer, LCD…On jurerait le tracklisting d’un sampler Trax là, non ?

Votre premier souvenir de soirée ?
Quand j’allais encore à l’école, dans une boite qui s’appelait l’Eléphant Blanc, rue Vavin.

Votre meilleur souvenir de night-club ?
Le Sept, (un restaurant, avec boîte au sous-sol, ouvert en 68, et connu pour ses soirées soul dévergondées, ndr) car il y avait une animation qui s’est un peu perdue à Paris depuis. Le Palace, c’était autre chose.

Votre pire souvenir de club ?
Je n’ai pas de mauvais souvenir car je suis toujours parti avant…(bon plan, on note ! ndr)
Votre club préféré ?
La Esquina et le Bungalow 8 à New York parce que c’est plus vivant qu’à Paris. A part le Baron, le Paris Paris et le VIP Room. (Allez, on est gentils, on vous donne les adresses new-yorkaises. Pour aller guincher avec de la top model, c’est pas ici que ça se passe : La Esquina, 106 Kenmare Street, et le Bungalow 8, 515 West 27t h Street entre la 10th et la 11th Ave, ndr)

La meilleure musique pour faire la fête ?
La musique latine qui est pour moi la plus euphorisante : une drogue à elle seule !

Le dernier album qui vous a séduit ?
Devendra Banhart. Il amène quelque chose de nouveau. J’adore sa voix et son look.
Une musique pour travailler ?
On peut travailler en écoutant de la musique mais pendant les essayages, il faut se concentrer. Par contre, je dessine en écoutant Devendra (c’est une obsession, mon cher Karl ?).
Premier disque acheté ?
« La vie en rose » par Jacqueline François et « la mer » de Charles Trenet, mais j’avais une excuse : j’avais 12 ans !
Vos DJ’s préférés ?
Michel Gaubert (illustrateur sonore qui signe les bande son des défilés Chanel, Balenciaga, etc, ndr) et Charles Schillings (DJ house qui lui aussi s’occupe du son des défilés, ndr).

Ce qui vous donne envie de faire la fête ?
Les circonstances, les gens et les lieux.

Votre boisson favorite ?
Pepsi Max : avec lui, pas de gueule de bois !

La chose plus folle faite dans un club ?
La soirée « Moratoire Noir » à la Main Bleue à Montreuil en 1977. No details ! (Bon, Karl refuse d’en dire plus, mais on vous signalera tout de même que cette soirée, organisée en l’honneur de Lagerfeld lui-même avait fait scandale en raison d'un spectacle de fist fucking! ndr)

Les Musiques que j’aime (Universal/ULM)
www.karllagerfeld.com/

Interview Clubbing d'Alysson Paradis en 2007

Alysson Paradis
Oiseau de (paradis) nuit

Texte : Violaine Schütz

Alysson n’est pas que la petite sœur de Vanessa. Actrice, elle est ce mois-ci à l’affiche du film d’horreur A l’Intérieur, aux côtés de Béatrice Dalle et Nicolas Duvauchelle. Gageons qu’avec le premier rôle de Sarah, une jeune fille attendant un enfant et passant le réveillon de Noël seule chez elle, entre les mains tyranniques de Dalle, elle se fera un prénom. Alors, avant que les Etats-Unis nous la piquent, rencontre avec cette piquante brunette de 23 ans, sur la piste de danse.

Bonjour Alison, quelle est ton actu ?
Je m’apprête a tourner dans le film de Remi Bezanson, un petit rôle d’une joueuse de Air Guitare, puis dans le film de Benoit Pétré et Cathy Vernay, et ensuite dans celui de Naruna Kaplan De Maceidos aux cotés de Chantal Lauby et Serge Riaboukine.

Peux-tu nous dire quelques mots sur A l’intérieur, comment décrirais-tu ce film à ceux qui ne l’ont pas vu ?
C’est un film d’un nouveau genre, moi j’appelle ça thriller psychohorrifique, parce que ca n’est pas vraiment un film d’horreur même si a certains moments ca en a les codes,en revanche c’est extrêmement violent ! c’est une lutte sans merci entre deux femmes !

Te souviens-tu du premier disque que tu as acheté ?
Celui que j’ai acheté avec mes sous à moi quand j’étais petite…en fait y en a eu deux, et c’est pas glorieux : Bob Marley et Nirvana… sinon y a toujours eu beaucoup de musique à la maison, entre le vieux jazz avec Coltrane, Billie Holiday…mais aussi Bob Dylan, les Stones, les Beatles.

De ton premier concert ?
J’ai été à tellement de concerts…je vais plutôt parler de celui qui m’a le plus touché, celui de Bob Dylan au Zénith, sur le coté de la scène, un moment magique, inoubliable…je ne voyais pas le vrai concert puisque je voyais tout de coté mais c’était encore mieux je crois.

Quel est le dernier disque de musique électronique que tu as acheté ?
Pas encore acheté, mais le dernier truc que j’ai vraiment aimé en électro c’est Justice.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?
Amy Winehouse, cette meuf assure tellement, une fille comme je les aime, mais aussi toujours beaucoup de rock, je suis complètement hystérique de The Servants (que je vais voir en concert mercredi d’ailleurs !) The Strokes, The Whites Stripes…

Quel est ton premier souvenir de soirée ou de night-club ? Pourquoi celui-là ?
Le Rancho a Royan, toute jeune, parce que c’était la liberté, on faisait comme si on était des grandes.

Quel est ton pire souvenir de soirée ou de club ?
Les soirées où tu as mal aux pieds, celles ou tu as voulu être belle et as mis des chaussures juste belles mais pas confort du tout et que tu galères toute la soirée… la dernière fois avec ma meilleure amie, Chouk, on est rentrée chez moi pieds nus…et mortes de rire…et du coup c’est devenue un de mes meilleurs souvenirs parce que je crois que j’ai jamais autant ris de ma vie que sur le chemin du retour, parce que son amoureux nous a donné ses baskets, lui est rentré en scooter, en chaussettes et nous avec une basket chacune.

Quelle est selon toi la meilleure musique/chanson pour faire la fête ?
Celle ou tu peux danser, délirer, qui te rappelle des souvenirs(ou pas !)
« Rehab » de Amy Winehouse est parfaite pour ca ! on peut chanter comme des dingues et bouger les fesses aussi !

Quels sont tes Dj’s préférés ?
C’est pas un DJ mais j’aime les choix musicaux de Nicolas Ullmann.

Quelle est la chose la plus folle que tu aies faite lors d’une soirée ou dans un club ?
A un festival de film à St Jean de Luz avec celui qui est devenu mon meilleur ami, Benoît Pétré, on ne se connaissait pas encore beaucoup mais on a dansé comme des oufs toute la soirée, en faisant des chorégraphies dingues et absurdes. On même fait du pole danse, on était a donf sous les regards éberlués des gens de la bas, les gens du cinéma, donc, très sérieux ! Ce n’est certainement pas la plus folle mais ça en fait partie !

Quel est le dernier morceau/album qui t'a séduite ? Pourquoi ?
J’aime Orchestra de The Servant, parce qu’elle me fait un truc à l’intérieur, tout comme « Cash Machine » de Hard-Fi…il a y a un truc proche de la folie qui m’est familie.

Quelle est la musique que tu écoutes avant de rentrer dans un rôle ?
Tout dépend du rôle, pour celui de Sarah dans a l’intérieur c’etait très rock, Queen Of The Stone Age, The White Stripes, The Servants, The Strokes, mais aussi The Velvet Underground et Van Morisson…Mais en revanche par exemple pour Le Dernier Jour je n’ai écouté que M.

Quelle est ta boisson favorite ?
Du bon vin de temps en temps, sinon la vodka est ce que je préfère !

Ton truc anti-gueule de bois ?
Avant de se coucher je prends de l’Advil et un comprimé de BEROCA une vitamine C de dingue et le lendemain je bois encore plus de thé vert que d’habitude pour éliminer.

As-tu une tenue fétiche pour sortir ?
Une robe dans laquelle je me sens jolie mais surtout dans laquelle je suis à l’aise pour pouvoir danser "all night long" !

Qu’est-ce qui te donne envie de faire la fête ?
Tout me donne envie de faire la fête !

Selon toi, quels sont les ingrédients essentiels qui transforment une fête banale en événement inoubliable ?
Ça se joue a un rien, et il ne faut surtout pas préméditer, se dire que l’on va à la soirée inoubliable, c’est mauvais signe. C’est seulement en rentrant parce qu’on s’est amusés, parce qu’on a rencontré des gens intéressants qu’on se dit : « c’était une soirée terrible ! »


(Archives) Olivia Ruiz Interview Clubbing - Publiée dans Trax en mars 2006

Texte : Violaine Schütz


Olivia Ruiz

Petite fille du soleil

Olivia Ruiz, 26 ans, petite souris originaire de Marseillette (un village de 600 habitants dans l’Aude), accent chantant et sourire espiègle, est peut être ce qui ce fait de mieux, aujourd’hui, en matière de fille du Sud.

Enfant d’un musicien de bal-tenancier de bar, elle a fait la manche, chanté dans une chorale, joué la comédie, avant de se frotter au diable en allant à la Star’ac. Demi-finaliste singulière, n’hésitant pas à affirmer son goût pour le rock alternatif en direct sur TF1, elle a du se battre à la sortie du château pour gagner ses galons d’artiste. A force de détermination (elle a convaincu les artistes qu’elle aimait comme Mathias Malzieu de Dionysos, d’écrire pour elle), la Méditerranéenne a réussi à sortir deux albums très personnels, de chanson réaliste mais extraordinaire. Aujourd’hui, elle écume les salles de concerts, mais se refairait bien une petite free partie, un de ses quatre, après un petit coup de rouge.

Ton premier souvenir de club ?

Avec mon parrain et sa nana dans une boite de Carcassonne (le Xenon), à 14 ans. En fait, j’avais plein d’oncles plus vieux que moi, qui mangeaient tous les samedis soirs chez ma mamie et je les voyais tous partir en boite après le repas. J’étais verte d’impatience d’y aller moi aussi. Un jour, ils ont eu pitié et m’ont amené.

Ton premier concert ?

A 4 ans, à l’hôtel de la Cité de Carcassone, Jonasz ou Lavilliers, je ne m’en souviens pas trop, mais mes parents si : Je leur ai cassé les pieds, en réclamant une glace pour pouvoir me casser de ce concert que je trouvais très mauvais ! C’est à ce moment là qu’ils se sont rendu compte que j’étais une vraie mélomane (rires).

Tes meilleurs soirées ?

Une rave avec Manu Le Malin à Montpellier, en 1997. Ils avaient décoré le chill-out avec une toile de parachute, c’était très beau ! J’ai été une grosse fêtarde jusqu’à 19 ans. Pendant mon adolescence, j’ai fait pas mal de free parties à Montpellier. J’allais écouter Manu le Malin, Aladin, toute la clique de Penguin’s Records. Maintenant, le weekend, je suis en concert, et je peux plus sortir. 100 dates m’attendent cette année, et à chaque fois, je ne me couche pas avant 3 heures du mat ! Cette interview me file la nostalgie de mes années free parties. C’est pas bon, ça ! (rires)

Tes pires souvenirs ?

Quand j’accompagnais les petites sœurs des copines pour les sortir, leur servant de caution du haut de mes 21 ans, et que les videurs ne demandaient la carte d’identité qu’à moi, et pas aux filles de 14 ans, car j’étais petite et maigre. La honte !

Une chanson pour faire la fête ?

« Louxor » de Katerine et « Marcia Baila » des Rita. Sinon, avec mes copines, quand nos amoureux s’en vont, on se retrouve à la maison, on met les Têtes Raides à fond, et on danse.

Le premier disque acheté ?

J’ai acheté des disques très tard, je les piquais à ma famille pour me faire ma propre discothèque : les chanteuses des années 30 à mes grands pères, les disques de Nougaro à mon père, les Tom Waits de mon oncle. Sinon, j’ai découvert Joy Division grâce à Alain, le petit ami de ma meilleure amie Lydie depuis 14 ans.

Tes DJ’s préférés ?

Pone, Zebra et Miss Kittin. Désolée, je suis assez ringarde ! (rires)

Les derniers cd’s achetés ?

Les Gainsbourg en promo : mon père les a en vinyle mais ne veut pas me les donner. Sinon, un vieux Amon Tobin, sur les conseils de mon petit frère, qui écoute surtout du hip-hop, et qui m’a fait découvrir AntiPop Consortium.

Ta boisson préférée ?

Le vin rouge. Mais attention, pas n’importe lequel, du Corbière ou du Minervois, du vin de chez moi ! (elle force l’accent, ndr)

Ton truc contre la gueule de bois ?

Le coca avec plein de glaçons ; Plus jeune, avec une copine, on se disait, les lendemains de cuite : « Il ne faut pas qu’on aille boire direct à la bouteille de Coca, parce que sinon, les parents vont nous griller. »

La Femme Chocolat (Polydor / Universal)

Interview "A table avec Arno" - Article paru dans le numéro 1 de Serge

Arno, toujours la frite

texte : Violaine Schütz


Dérives éthyliques et grandes bouffes nourrissent les chansons du chanteur belge qui poétise le trivial, Arno. Pour sa première rubrique « cuisine et bouffe », Serge met les petits plats dans les grands, en cuisinant celui qui fut cuistot de Marvin Gaye, période « Sexual Healing ». A table!

« L'oignon fait la force », « Vive les moules », « Un verre de vin à la main », « La plus belle mademoiselle pour aller manger », « Elle porte toujours un sac en plastique avec de la bouffe macrobiotique »...Sur son dernier disque, Brusseld, comme sur presque tous ses disques précédents (un peu moins d'une vingtaine au total) Arno truffe sa prose d'allusions culinaires et avinées croustillantes. L'origine de ce goût prononcé ? « Ça remonte à loin. A 14,15 ans, quand j'étais jeune, j'ai travaillé dans les cuisines de restaurants, au sein de brigades (équipes au service du chef). Et il y a un truc qui m'a frappé avec les chefs, c'est qu'ils sont très rock'n'roll. Ils travaillent pour que les autres gens s'amusent, comme les musiciens, ont des horaires différentes (de 8 heures du matin jusqu'à l'aube), des caractères difficiles et souvent des problèmes avec leurs femmes. Et souvent, ils boivent beaucoup. Bref, ils vivent en dehors des normes. Ils sont obsédés par la bouffe qui aussi un art. A ce niveau, c'est autre chose que cuisinier un steak. Un chef mélange des produits et des couleurs, parce qu'on mange avec les yeux aussi. Pour moi ce sont des artistes. Il y a beaucoup de créativité chez les chefs, en Angleterre, en Belgique et en Hollande, comme on le voit dans tous ces nouveaux programmes de tv de cuisine. Mais je regarde rarement la télé, parce que quand je la regarde trop, je deviens impuissant. Et c'est pas bien, après je dois manger du céleri ».

Tranche de vie
De son premier métier, Arno garde un souvenir marquant, sa rencontre avec Marvin Gaye, exilé à Ostende après de sérieux problèmes de drogue. « Dans les années 70 j'avais un groupe, Tjens Couter et alors que j'étais en Amérique avec eux, j'ai eu un flash. Je me suis dit « Je suis un européen, alors pourquoi j'essaie de faire de la musique comme les Ricains? Du coup j'ai tout arrêté et j'ai recommencé avec un autre groupe, TC Matic. Et comme le punk rock ne nourrissait pas son homme, que je vivais dans la rue, un copain (mort maintenant), Freddy Cousaert, qui avait un club et un petit restaurant à Ostende m'a donné une chambre et m'a proposé de bosser pour Marvin Gaye, qui était en ville, et dont il s'occupait. Il avait besoin d'un type pour lui faire la bouffe. J'ai donc été le cuisinier de Marvin Gaye en 1981, je lui faisais du poulet. De temps en temps je fumais des joints après le service, j'étais jeune et beau, et amoureux d'une mademoiselle. Un jour que j'avais le cafard, Marvin m'a donné ce conseil : « il me faut jamais dire à une femme que tu es fou amoureux d'elle, sauf à ta grand-mère! ». Je l'ai raconté à mon fils Mathias, sauf que j'ai rajouté : « Ecoute Mathias, il y a plus de femmes que de chinois, j'en ai même fait une chanson « tomber amoureux, c'est comme une migraine, ça vient et ça se passe »! » Sinon je me souviens que Marvin était fan de soul-food. Les afro-américains ne mangent pas du tout comme les Américains blancs, il bouffent beaucoup de poulet avec du riz, comme l'Afrique calypso. Tu vois le bazar? Je fais encore cette recette pour mes enfants, d'ailleurs je ne cuisine que pour mes enfants, sinon je suis toujours au restaurant. »

Paradis perdus
Mais impossible pour Arno de nous citer un restaurant. « Je peux pas dire quel mon bistrot préféré, sinon je vais en oublier, et je me ferais tuer par ceux que je n'aurais pas mentionner. Je vais là où il y a de belles mademoiselles qui servent. Pour le reste, peu importe, il faut manger, l'hiver est long, comme je dis souvent. Et puis la cuisine, c'est plus ce que c'était! Dans le temps, les années 70 et 80, en tournée, chez les routiers (cafés restaurants), on pouvait manger de superbes gigots avec des flageolets, sur les chemins de France, mais ça s'est perdu. C'était autre chose que le catering dans les loges. L'autre fois j'étais dans un restaurant avec une copine, elle avait envie d'île flottante. Je l'ai rebaptisé « Yves montand » : « Un Yves Montand, s'il vous plait! » c'est mieux qu'une île qui flotte. A une époque, des grands chefs comme Vatel (cuisinier de la cour de Louis XIV qui s’est suicidé pendant une réception car la livraison de la pêche avait du retard, ndr) et Escoffier (écrivain culinaire révolutionnaire du début du vingtième siècle, ndr), on donnait des noms incroyables aux plats. Un œuf à la florentine, des pommes duchesse, des tournedos Rossigny, il y a beaucoup de musique dans ces expressions, plus que dans un « steak avec du foie gras ou un œuf poché avec des épinards ». Les bouquins d'Escoffier et de Vatel, ce sont des recueils de poèmes. Il faut lire ça! La cuisine française est en train de perdre ses chaussettes. »
Mais Arno, lui garde la flamme. Il voue un véritable culte au St Estèphe, St Julien et autres St Nicolas (« je suis très rouge, dans les années 80, c'était le vin le Cahors, mon pêché ») qui alimentent nombre de ses chansons à boire, aux frites de son pays (« il y a plus de frites en France qu'en Belgique avec les fast-food, mais une frite, ça doit être coupé à la main, et cuit dans la graisse. Et surtout sans sel, ça absorbe son croquant ») et imagine un dîner idéal « avec Dieu, les prophètes, Jesus, pour leur poser des questions. Ah non, pas les prophètes, plutôt Mireille Mathieu et Brigitte Bardot. Pour savoir comment ces grandes icônes encore en vie se tiennent à table. » Pour l'heure, il est 11h45 et l'auteur des « yeux de ma mère » nous souhaite un bon appétit avant d'ajouter, vicelard, « Sois sage et si tu fais des bêtises pense à moi ». Bref, le Flamand a gardé la frite...

Brusseld (Naïve)

Street Joy - White Denim

jeudi 9 juin 2011

Itw de Bertrand Burgalat spéciale clubbing parue dans Trax en 2005

Bertrand Burgalat
L’autre BB

On le surnomme BB. Pourtant dans les 70’s, ce BB là ne s’intéressait pas aux BB phoques et aux plages de St Tropez, mais aux débuts de l'électro via Kraftwerk. On le surnomme aussi le « Phil Spector français » mais lui n’a tué personne (à notre connaissance). Pour nous, Bertrand Burgalat est surtout le client parfait pour passer une soirée clubbing chic et décalée.

En 1988, Burgalat commençait sa carrière musicale en produisant l'album du groupe slovène Laibach (dont Ben Carter est grand fan), avant de s’occuper d’Einstürzende Neubauten et de Minimal Compact. Depuis, Bertrand a délaissé les productions électro goths obscures pour se consacrer à la musique électronique « easy-listening ». C’est aussi à ce grand homme qu’on doit de très beaux remixes de Depeche Mode et Air, et la création du label Tricatel. Il revient ces jours-ci avec un Portrait-Robot désuet et raffiné, qui lui ressemble trait pour trait.

Tes premiers souvenirs de soirées?
Le bal de la fête de Saint Mamet, la Rotonde, la discothèque d’un l'hôtel de Luchon et le concert des Pink Floyd à la Halle aux Vins de Colmar en juin 1975. Avant ça, j’avais vu Michel Sardou à l'Olympia de Vannes, et Tino Rossi à la fête des vins de Neuf Brisach...Ca ne compte pas.

Ton meilleur souvenir de soirée ?
Un rassemblement mod été 85 à Brighton. J'avais accompagné deux amis qui faisaient un reportage vidéo en espérant qu'il y aurait de la baston avec les rockers mais bon, en 85, les rockers...On avait suivi les mods de Gambetta qui prenaient le ferry à Dieppe avec leurs scooters. Le premier morceau que j'ai entendu là bas était la version Bardot de « Je t'aime moi non plus » (inconnue en France à l'époque) et après ça des merveilles soul qui m'étaient complètement étrangères. J'écoutais plutôt Killing Joke à l'époque.

Ton pire souvenir ?
Quand le serveur de l'Embassy de Dijon m'a injustement mis le nez dans le vomi, qui émanait en réalité de mon voisin.

La chose la plus folle faite lors d'une soirée ?
Un coma.

Le dernier morceau qui t’ait retourné la tête ?
Ralph Myerz « L.i.p.s.t.i.c.k ».

Le dernier cd d’électro acheté ?
The Herbaliser Take London.

Tes DJ's préférés ?
Gilb'r, I:Cube, Morpheus, Christophe Lemaire, Frederik Eklander, un super DJ suédois de northern soul, et Guido parce qu’il m'évoque ce qu'on avait essayé d'initier avec le Club Tricatel : des soirées spontanées où on ne sait jamais quelle musique sera jouée l'instant d'après.

Ta boisson préférée ?
Le whisky mais je suis condamné au Coca Light. J'ai arrêté de boire il y a cinq ans parce que je suis diabétique. Je n'arrivais pas à me contrôler. Heureusement j'ai commencé à picoler très sérieusement à partir de 14 ans, donc j'ai encore des réserves...

Ton truc contre la gueule de bois ?
Quand je picolais, c’était le blanc limé : vin blanc + limonade.

Une tenue favorite pour sortir ?
Non, le plus important est de bien se brosser les dents après chaque repas.

Ce qui transforme une fête banale en événement inoubliable ?
Des participants venant d'horizons divers, curieux, ne se la pétant pas, bref le moins de modeux possible. Beaucoup d'alcool. Pas de guest list, pas d'open bar, pas d'entrée gratuite mais une participation aux frais raisonnable, sans exception. Autrement ce sont les fauchés qui douillent.

Portrait-Robot (Tricatel/Virgin)


violaine schütz