samedi 28 mai 2011

(oldies) Beau mot plage

(Archives) Interview de Florence Welsh / Florence & The Machine parue dans Tsugi n°32



Florence + the machine
Coffre fort

Texte de Violaine Schütz


A l'heure où l'on devient énorme en un clic sur hypemachine et un lift autotune, Florence+The machine, jeune anglaise de 22 ans à la voix surpuissante et à la personnalité extravagante, pourrait bien tout rafler. Apprenons donc (presque) tout du cœur qui bat derrière la machine avant qu'on ne puisse plus l'arrêter.

La nouvelle sensation anglaise féminine

Après La Roux et Little Boots, c'est la jeune Londonienne Florence Welsh qui régne sur l'Angleterre, enchainant les couvertures des magazines (The Fly, Guardian, The Guide) et les posts de la blogosphère. Comparée tour à tour à Bjork, Pj Harvey, Kate Bush, Bat For Lashes, Minnie Riperton, Tori Amos et même Aretha Franklin, elle a déjà tourné avec MGMT, Friendly Fires, White Lies et Glasvegas et fait la première partie de Blur pour leur retour sur scène à Manchester en juin dernier. Et avant même que son premier album, Lungs, ne sorte, elle bénéficie du soutien de la BBC et a remporté un brit awards. Bref, la machine est déjà en marche.


Encore une ado

Après avoir écumé toutes les vidéos youtube live de Florence+The Machine, où l'on peut voir une tornade rousse en robe vintage jouer les divas, on est étonné de rencontrer à la terrasse de l'hôtel où elle effectue, tel une torture, sa journée promo, une Florence très juvénile et « ado dans le doute ». En hoodie à capuche et jupette, tout en noir jusqu'aux ongles peints (et rongés), acnéique, blanche comme un caché d'aspirine et peu souriante, la demoiselle se plonge toutes les pauses dans un épais livre de science fiction. « Je suis un peu geek » avoue-t-elle, d'entrée de jeu. Doit-on comprendre « no life? ». En tout cas, on a rarement connu plus sympathique en interview depuis...Amy Winehouse. Elle ira loin, donc.


Goth

Chez Florence, le vernis noir n'est pas une posture. « J'ai un tempérament extrêmement angoissé, je suis quelqu'un de très effrayée et d'extrême dans mes sentiments. Mes paroles fonctionnent comme une catharsis. J'exorcise ce dont j'ai peur, j'essaie de comprendre les choses, de parler de mes chagrins, de raconter mes cauchemars, mon premier gros échec amoureux qui a eu lieu il y a peu, mais de façon intemporelle car on se fout un peu de ce qui se passe tous les jours. J'ai écrit mes premières chansons à 17 ans, et j'en ai 22 aujourd'hui, mais on peut pas vraiment dire que j'ai grandi entre temps. » Dans le genre Mercredi Addams, Florence s'est également illustrée avec la première installation qu'elle a présenté aux Beaux-Arts de Camberwell (au sud de Londres) : un panneau floral portant l'inscription : « Je suis conne ».


Clubbeuse née

A13 ans, la mère de Florence emménage avec un voisin et ses trois enfants, le drame pour Miss Welsh ! « C'était une sale période, je passais tout mon temps à écouter de la musique à fond et à danser. Je trainais avec des punks, et je jouais dans un groupe intitulé The Toxic Cockroaches. J'ai toujours été dans un groupe à l'école, et j'ai toujours été bizarre. Vers 14-15, j'utilisais une fausse carte pour aller dans les clubs de Londres. J'ai beaucoup dansé sur le morceau « You've got the love » de The Source à ce moment là, que je reprend sur l'album. J'adore l'euphorie et la dimension droguée de la musique de club, et j'adore danser. Avec mon père on dansait sur n'importe quoi quand j'étais petite. Il avait des disques de Love, des Smiths et du Velvet. Je crois que je peux me trémousser sur n'importe quoi! » A ce sujet, il faut absolument voir, sur youtube, Florence danser comme une dératée sur du Beyoncé.


Sacrés poumons

« Lungs » n'est pas un titre à prendre au hasard. « Ça fait référence à la respiration, la chose la plus importante quand on chante ». Et sa voix, Florence, l'a trouvé depuis longtemps. « J'ai commencé à chanter à l'église petite, comme plus mauvaise choriste de la troupe, mais j'ai toujours su que je voulais faire ça. Je bossais dans un bar pendant un an aux Beaux Arts, c'était assez schizophrénique, je n'arrivais pas à faire de la musique à ce moment là, je passais juste mon temps à me bourrer la gueule et je récupérais en dormant dans une installation sous le bar. Je n'ai tenu que parce que je pensais à faire quelque chose un jour. »


Bien entourée

Entre indie et mainstream, coffre soul et mélodies pop, le (gros) son de Lungs est l'oeuvre de l'association de James Ford (Arctic Monkeys, Simian Mobile Disco, Klaxons), Paul Epworth (Bloc Party, Primal Scream, Friendly Fires) et Steve Mackey (Pulp, M.I.A.) à la production. La sainte trinité a transformé les démos « bancales, cheap et fragiles » (dixit l'intéressée) de Florence en une formidable machine à danser capable de conquérir les radios et les cœurs du monde entier.


Eclectique

A l'image de la nouvelle Angleterre et de sa pop décomplexée (on pense à Micachu et Jack Peñate), Florence se revendique de musiques diverses et variées n'hésitant pas à utiliser de la harpe sur son disque ou des claviers. « En ce moment j'écoute en boucle the XX (qui ont remixé ma reprise de « You've got The Love », The Big Pink, The Horrors. Il se passe pas mal de choses intéressantes à Londres en ce moment. Mais j'aime aussi My Bloody Valentine, Sam Cooke, Dusty Springfield, Fuck Buttons et les Liars. » Flo est une fille de goût, en somme.


Lungs (Island/Universal)

www.myspace.com/florenceandthemachine

...

Farewell to Wendo

jeudi 26 mai 2011

Dj set samedi soir avec Céline (Kiss the Girl) de la We Love Sonique


WE LOVE SONIQUE
Demain, Samedi 28 Mai 20111, Grande Halle de la Villette.

Dans le cadre du festival Villette Sonique, du 27 mai eu 1er juin, avec : Animal Collective, Discodeine, The Fall, Thurston Moore, Cheveu, Hype Williams, ..
Infos sur villettesonique.com

Ouverture des portes 23h. Concert de Connan Mockasin 00h.
Le concert de la découverte pop d'Erol Alkan.... Excentrique, planant, captivant... Entre mélodies lunaires et rêveries psyché...

Au programme...

Opening par KISS THE GIRL (Celine Puertas & moi-même)
Suivi de CONNAN MOCKASIN et sa bande d'excentrique kiwis
Set indie techno futuriste avec CARIBOU DJ
Show de l'enfant terrible SEBASTIAN
Revue house euphorique par CARTE BLANCHE (DJ Mehdi + Riton)
Entertainement maximal et close up avec BUSY P

Frustration Onirique + Dimanche


*

2 nouveaux articles sur SV

http://www.satellitevoices.com/paris/photography/633/sophie-bramly-at-gallery-12mail

+

http://www.satellitevoices.com/paris/culture/53/the-new-parisian-burlesque

Dirt

mercredi 25 mai 2011

The end of the world?

Playlist fin mai 2011


The Horrors - Still Life
Housse de Racket - Roman
Blood Orange - Dinner
Patrice Rushen - Haven't you heard
Drake - Dreams Money Can Buy (Take Care)
Wu Lyf - Summas Bliss
Metronomy - tens and tens
Marvin Gaye - What's going on?
The Weeknd - What You Need
Koudlam - Sunny Day
Cults - you know what I mean
Austra - Crying (Roy Orbison Cover)
Best Coast - The End of the world (Skeeter Davis cover)
Panda Bear - Alsatian Darn
Carpenters - Superstar

Prochaines dates :
26 mai : dj set @ Horror Picture Tea
27 mai : dj set @ Ritz Bar + Carmen
28 mai : dj set @ We Love Art La Villette
10 juin : dj set @ Soirée Serge (Puget)
17 juin : dj set @ soirée Serge 17 (Clermont Ferrand)
18 juin : dj set @ soirée serge (Sète)
25 juin : dj set @ Ritz Bar
26 juillet : dj set @ Point FMR

samedi 14 mai 2011

Playlist de printemps

Gang Gang Dance - Mindkilla
Grimes - Vanessa
Ital - Ital's theme
John Maus - Deliver
Aladdin - The sun is on fire
Koudlam - Alcoolic Hymn
Metronomy - Tens and tens
Sebastian - Embody
Breakbot - Fantasy
Miss Kittin & The Hacer - The Beach
Housse de Racket - Roman
Exotica - Conte d'été (afro funk version)
Wu Lyf -Lucifer Calling
Soft Moon - Parrallels
George Harrisson - I've got my mind set on you (thanks to Charley)
The Coasters - Down In Mexico
Roxy Music - Don't stop the dance
Carly Simon - Why?

Prochaines dates :
20 mai
dj set @ la Machine
21 mai
dj set @ Pin Up avec Eva Peel
25 mai
dj set à la Fleche d'or (Serge)
26 mai
dj set @ Horror Picture Tea
27 mai
dj set @ Ritz
10 juin
dj set @ Soirée Serge ( Puget)
17 juin
dj set @ soirée Serge 17 (clermont)
18 juin
dj set @ soirée serge (Sète)
22-25 juin
dj set @ Cannes Premiere Heure Lions
25 juin
dj set @ Ritz Bar

Vue hier : l'expo Richard Prince à la BNF

La meilleure pièce reste celle de ces peintures, reproduisant à l'identique (ou presque) des couvertures de bouquins américains.




mardi 10 mai 2011

Le voyage fantastique

Vu hier à la Cité de la Musique le Voyage fantastique (1966), un film de science fiction sur fond de guerre froide qui donne lieu à une traversée aussi poétiquement rétro-futuriste que kitch. La bande son ligne était recrée par Jeff Mills.

lundi 9 mai 2011

Une nuit avec Brigitte Fontaine (publié dans Tsugi en 2009)

Une nuit avec Brigitte Fontaine

Texte : Violaine Schütz

Vous en connaissez beaucoup des chanteuses françaises adulées par Sonic Youth, Turzi et Grace Jones ? Caustique, poétique, rebelle et drôle, Brigitte Fontaine remue toujours les tripes après 40 ans de carrière, avec Prohibition, un nouvel album politique et subversif sur lequel elle chante « Je suis vielle et je vous encule ». Une nuit à la hauteur du mythe.

18h. Récemment, j'étais à Morlaix, ma ville natale, en Bretagne, pour y jouer. J'étais dans un hotel merveilleux où je vais souvent, car la directrice est un ange, c'est l'hôtel de l'Europe. Je fais la balance à 18h, et il y a la un caméraman super qui filme pour l'émission Metropolis avec des dreads (ses vrais cheveux) qui descendent plus loin que le cul. Ca lui fait un manteau de cheveux roux jusqu'aux cuisses. Un type formidable.
19h. Je suis avec les camarades musiciens, les copains, que j'aime. On s'amuse bien dans les loges. Avec Audrey, ma sonorisatrice qui est super, on déconne, on rigole, on s'amuse, on donne des coups de fil. Elle boit après le concert, moi je bois avant, du champagne. Et détail scandaleux, Yan Péchin, le guitariste, enlève sa ceinture et se flagelle torse nu. Et zébré de rouge, il demande à un copain de le flageller dans le dos. C'est très impressionnant, et l'explication c'est qu'il a fait pas mal d'arts martiaux et que les gens font ça pour être en forme avant un exploit.
20h. Je me chauffe la voix qui est rongée par le tabac. Là c'était du beurre salé.
21h. Le concert est triomphal, émouvant. Le matin, je croyais que j'allais pas pouvoir jouer parce que je pleurais d'émotion de jouer pour eux. Je me demandais si j'allais y arriver. Et en fait j'ai pas du tout pleuré, j'ai plutôt rigolé. Pendant très longtemps, je pouvais pas revenir à Morlaix, parce que la seule fois où j'étais heureuse dans ma vie, c'était quand j'étais petite, à Morlaix. Et puis j'y suis retournée cet été, et j'ai été presque aussi heureuse que quand j'étais petite. Ce soir là je chante la chanson « Partir ou rester » que j'ai écrite juste après les élections, en duo avec Katerine sur le disque avec une fille super, la bretonne Nolwenn Korbell.
Je pourrais me demander : « Partir ou rester en Bretagne? » Mais je pense que je vais rester dans mon bourbi, l'Ile Saint Louis, parce que c'est joli même si c'est plein de touristes de merde, des gros porcs qui sucent des glaces . Et puis ce café (l'interview se déroule dans le bar « Les fous de l’Isle », rue des Deux Ponts, son QG, où elle donne toutes ses entrevues, ndr) est très bien, il y a un super fumoir avec une banquette. C'est une honte, c'est lamentable, une loi hypocrite et scélérate qu'on puisse plus fumer dans les endroits fermés. C'est surtout grave pour les détenus (qui peuvent fumer une heure par jour dans un sas) et les fous, que ne pas fumer rend plus fou, triste et malade. Et oui, partout c'est la prohibition, la vraie.
23h. Le propriétaire du bar de l'Europe a fermé le bar pour le mettre à la disposition des invités, les amis, les musiciens. Alors on fait une fête à tout casser qui dure toute la nuit. Après je dors comme je peux, bourrée. Je peux plus lire pour m'endormir. J'arrive plus à lire depuis longtemps, par contre j'ai deux livres d'avances, des livres terribles et rigolos. (Brigitte a déjà publié une quinzaine de livres dont Contes de chats, avec Sempé qui recueille des contes érotiques dédiés aux félins, ndr). J'ai écrit Le bon peuple du sang qui paraîtra en février, ça parle de choses terribles comme les gueux, les pauvres, mais il y a aussi des trucs rigolos, hein.

Prohibition (Polydor)

Archives - Interview d'Handsome Furs (publiée dans Redux en 2009)

Handsome Furs 

Texte : Violaine Schütz 

Musique et mariage ne font pas toujours bon ménage, mais dans le cas d'Handsome furs, l'union est heureuse. Couple à la ville comme à la scène, les Montréalais Dan Boeckner, leader des excellents Wolf Parade, et Alexei Perry, poétesse auteur d'histoires courtes, ont enfanté d'un groupe hybride, à mi chemin entre l'électro primitive de Kraftwerk et le post-punk abrasif de Gang Of Four. Et ce n'est pas que sur disque, leur flamboyant deuxième album intitulé Face Control, que leur propos a de l'ampleur. Après rencontre, on peut affirmer que Dan (guitariste et chanteur) et Alexei (boîte à rythmes, claviers), ont les idées aussi longues sur papier que sur synthé.

Vous souvenez-vous précisément de votre toute première rencontre?
Dan : Je me souviens parfaitement de notre première rencontre. On était dans une séance de formation pour un boulot de télé marketing, un job vraiment pourri. C'était un jour glacial de mai, il y avait de la neige partout, à Montréal. C'était dans une grande salle de conférence, située dans un immense building, et je n'arrêtais pas de me répéter « je ne veux pas de ce job ». Et là Alexei, est arrivée, avec beaucoup de retard à l'entretien, elle ne devait pas vouloir du job non plus. Il m'est alors arrivé quelque chose qui ne m'était encore jamais arrivé. Je me suis dit que c'était la plus belle femme que j'avais jamais vu de ma vie, et je n'ai pas pu lever mon regard d'elle. Et plus je la fixais plus je me disais : « je dois absolument garder ce job! » (rires)
Alexei : Le lendemain, il est venu en costume au boulot.
Dan : J'avais passé la soirée à boire parce que j'avais un concert, et j'ai gardé le même costume, qui sentait la vodka. En tout cas, quelques jours après, je n'avais pas du tout d'argent, mais je voulais lui faire un cadeau alors j'ai volé des livres pour elle dont l'un d'eux était Forty Stories de l'écrivain américain Donald Barthelme. Je ne savais pas qu'elle écrivait des livres.
Alexei : C'est comme ça que je suis tombée amoureuse de lui.

Avant cette rencontre, quels genres d'ados étiez-vous?
Dan : J'étais un freak total. Je vivais dans un bled de 2000 personnes et j'étais le seul avec des couleurs de cheveux bizarres, qui écoutait Fugazi. Tous les rednecks croyaient que j'étais gay. Je cherchais la bagarre, c'était violent, surtout les années lycée, où je passais mon temps à fumer.
Alexei : J'étais une vraie connasse et une nerd. Tout le temps en train de lire un bouquin et en même temps très en colère, car rien ne bougeait autour de moi. J'écoutais de la musique très bruitiste. La musique que tu écoutes crée des ségrégations, et te rend impopulaire au près des autres clans, ça forge ce que tu deviens par la suite.

Il y a dans votre musique un côté innocent, comme si vous sembliez chercher à renouer avec une manière « fraîche » et naïve d'aborder les instruments, avec des sons d'électro primitive. Vous êtes attachés à une certaine « enfance » de la musique?
Alexei : Tout à fait! On cherche une certaine urgence, et c'est pour ça qu'on a tout enregistré live, les boites à rythme ayant été enregistrées en même temps que la guitare et les vocaux. Normalement dans les groupes électro, tout est enregistré piste par piste.
Dan : Throbbing Grhistle ou Cabaret Voltaire avaient ce quelque chose de naïf, et ce sont eux nos héros. Ce qu'on essaie de faire c'est quelque chose de définitivement pas adulte, ni d'intellectuel.

A une époque, celle du mp3 et des audio blogs, où on n'écoute plus les chansons en entier, vous semblez avoir pensé l'ordre de vos chansons, comme une petite histoire...
Alexei : Absolument, on est vraiment old-school, et d'ailleurs on va le sortir en vinyle, et on a pensé l'ordre selon deux faces, la A et B. La chanson du milieu est comme un long break. On veut que les gens achètent un objet cohérent, pas une collection des morceaux, et on aime l'idée de leur dire comment écouter cette suite de titres.

Le titre de l'album, Face Control, fait référence à la Russie, comment ?
Dan : Il s'agit d'une pratique utilisée en Russie et dans des pays de l'ex Union soviétique, c'est pourquoi nous avons choisi d'imprimer une photo de Vladimir Poutine au dos de notre pochette. Le « face control », c'est le concept du « dress code » poussé à son extrémité. Tu peux aller dans un club et débourser 200 dollars avec ta carte de crédit, mais tu devras toujours passer le « face control », c'est à dire que si tu n'es pas assez beau, tu ne peux pas rentrer dans cette boîte. On a eu l'idée de ce titre en tournant en Europe de l'Est. C'est là qu'on s'est posé beaucoup de questions sur les relations entre ces pays et les Etats Unis, où on a fait aussi pas mal de concerts. En Russie les Etats-Unis sont toujours vus comme les grands ennemis, vivant dans le pur capitalisme, sans aucune restriction, . Et aux USA, il y a toujours ce rêve américain brandi comme accessible à tous, mais ce n'est pas vraiment la réalité actuelle. Mais les russes ont eux aussi perdu leurs grandes idéologies socialistes.
Alexei : Mais en fait, on a voulu faire un album qui s'appelle Face Control, pour se venger d'avoir été traités de freaks à l'école (rire). On choisit ceux qui rentrent dans notre club !

Il n'y a pas un peu de « Big Brother Is Watching You » aussi dans ce titre?
Alexei : Beaucoup de nos textes tournent en effet autour de ça, ce sont des commentaires à propos de la société dans laquelle on vit, qui est un société de contrôle. Tout ceux qu'on fait est sujet à surveillance, ce qu'on a complètement tous acceptés docilement, puisque tout le monde s'inscrit sur facebook aujourd'hui.

Sur votre premier LP, Plague Park, sorti chez Sub Pop, en 2007, il y a beaucoup un balancement permanent entre un amour du rural et des grands espaces et une attirance pour l'urbanisme des grandes villes dans vos paroles. Il y a toujours des contradictions dans votre musique, notamment entre une certaine mélancolie et des mélodies dansantes. L'ambiguïté est quelque chose que vous tenez à explorer?
Alexei : On fait de ces contradictions (rires). Pendant deux heures, tu te sens hyper mal et juste après tu as envie de danser. On essaie pas de rendre les choses moins complexes dans nos textes.
Dan : A part dans les arrangements, qu'on essaie de simplifier au maximum. On est très frustrés par toute l'imagerie actuelle, très touffue et très conte de fée de plein de groupes de rock. Ils parlent tous de leurs petites amies, ce qui n'est pas du tout rock'n'roll. Le sentiment de tristesse l'est déjà beaucoup plus.

De qui parlez vous? Des noms!
Dan : (rires) Des types comme Bon Iver, c'est tellement précieux! Et tout le délire hippie des mecs qui se prennent pour MGMT et kiffent les licornes.
Alexei : Je pense qu'on ne vit pas dans le même monde.
Dan : Les hippies, c'était censé être une réaction contre un ordre établi, maintenant quand tu regardes MTV, Lil Wayne, qui est une superstar, est plus imprévisible et inventif que Bon Iver ou le pseudo MGMT qui porte une chemise à fleurs pour être tendance. Ça me rappelle ce qui s'est passé avec le grunge dans les 90's où tout le monde a fini par s'acheter la même guitare et jouer la même musique. Heureusement qu'il y a des gens comme Jay Reteard ou Deerhunter, qui ne suivent que le cœur et pas le « cool ».

Face Control (Sub Pop/Pias)
www.myspace.com/handsomefurs

Le nouveau Tsugi est en kiosque

Avec mon interview de Wild Beasts + chroniques de Cat's Eyes et Mazes à l'intérieur.

vendredi 6 mai 2011

Interview avec Philippe Zdar (Bonbon Nuit 6) janvier 2011


Texte : Violaine Schütz / Photos : Nicola Delorme

Exergue : « Les gens devraient arrêter de regarder le DJ mais plutôt la fille à côté, et danser. »

Philippe Zdar
Un héros très discret

Rescapé de la french touch et chevalier de l'ordre des arts et des lettres, Philippe Zdar a fait danser la planète avec son acolyte Boombass au sein de la Funk Mob et de Cassius. Devenu un producteur très prisé (derrière le dernier Phoenix) on l'a coincé dans son studio rue des Martyrs à l'occasion de la sortie d'«I <3 U So » en single.

Je t'interviewe aujourd'hui dans ton studio, ce qui est assez rigolo, car tu as justement commencé à bosser dans un studio...
Tout à fait, c'était Plus 30, et au studio Marcadet avant. Mais avant ça, à 14 ans jusqu'à 17 ans, j'étais dans la restauration puis l'armée. J'étais l'assistant du père de Boombass (Dominique Blanc-Francard), c'est là que j'ai tout appris. Le jour où j'ai mis le pied pour la première fois dans un studio d'enregistrement j'ai su que je voulais faire de la musique. J'ai prié Dieu pour passer ma vie là dedans et pas dans la restauration.

Quel a été le vrai premier déclic de ton attrait pour la musique?
C'est arrivé par hasard. Et un jour je voulais dire à un pote que je voyais que le weekend bonjour, j'y suis allé par hasard le mercredi et là il y avait son groupe qui répétait. Le batteur était malade et ils m'ont dit « tu veux pas taper, n'importe quoi, de toute façon personne ne sait joué ». j'ai tapé, trippé comme un fou et harceler ma grande tante pour qu'elle m'achète une batterie pour mon anniversaire.

Quel genre d'ado étais-tu?
Une rebelle populaire. Dans les années 80, j'écoutais beaucoup de punk puis du heavy métal. Je suis passé des Sex Pistols à Metallica, en 1983. J'étais même Police, tout ce qui était rapide et l'inverse de ce qu'écoutait ma sœur, comme Neil Young, alors qu'aujourd'hui j'adore Neil Young.

Un groupe de métal t'a déjà contacté pour que tu les produises?
Non, ils n'oseront jamais. Ils pensent que je fais de la house.

Comment as-tu découvert la musique électronique?
En allant dans une rave avec Etienne De Crécy. On a dansé jusqu'à 9 du mat et on en est sortis transformés en se disant que nos vies seraient plus jamais pareilles. D'ailleurs, il est toujours dans un cube (la structure lumineuse de son dernier live, ndr) à faire de la techno. Alors qu'avant on écoutait du jazz ensemble, Pharoah Sanders et Coltrane.

Votre projet Motorbass avec Etienne, c'est fini?
Oui, on faisait de la musique ensemble car on était colocataires. Il était plutôt du jour et moi de la nuit et on partageait le même ordinateur. Mais y a encore des gens qui nous disent aujourd'hui : arrêtez vos conneries chacun de votre côté et reformez Motorbass.

Quelle a été l'évolution du son Cassius?
Les débuts (l'album 1999), la phase french touch, quand tout le monde faisait des boucles mais que nous on aimé bien l'électro. Le deuxième album (Au Rêve) où tu passes des années à avoir l'impression de tailler la pierre angulaire, mais en fait personne n'en a rien à foutre. Et le retour aux sources.

Tu préfères l'ombre du studio ou les DJ sets?
Je préfère l'ombre dans les DJ sets. J'ai horreur des DJ sets où les mecs lèvent les bras et sourient tout le temps. On est quinze dans le DJ booth car on avait marre des DJ superstars. Eddie Van Halen qui a passé des heures à faire des solos de guitare dans sa chambre mérite de faire son show et de recevoir une ovation, pareil pour un type comme Johnny Hallyday. Mais le DJ touche des boutons, et la starification de ces dix dernières années est ridicule. Les gens devraient arrêter de regarder le DJ mais plutôt la fille à côté, et danser. D'ailleurs j'ai toujours préféré les clubs où la cabine est au ras du sol, où tu prends des coups de coude, et reste à côté du public.

Tu sembles aussi avoir toujours été un peu contre le star system, toi qui a travaillé avec MC Solaar, Depeche Mode ou Bjork, non?
Je veux vivre dans le 18eme arrondissement et acheter mon pain tranquille. En travaillant comme assistant et ingénieux du son avec des gens qu'on reconnaît beaucoup comme Gainsbourg ou Daho, je me suis toujours dit que c'était un calvaire. Le type qui se fait larguer, d'un coup il se fait prendre en photo alors qu'il pleure. Tout le monde est soit trop sympa avec toi, soit sait qu'il t'as déjà vu quelque part, mais ne souvient pas où. Je ne suis pas Guillaume Canet.

Et tes voisins savent ce que tu font?
Je sais pas mais ils me détestent. Je risque pas d'aller à la fête des voisins.

Pourquoi?
Parce que j'écoute de la house à dix heures du matin avec des grosses enceintes. Je pense qu'un bon voisin est un voisin en « near death experience ».

Il paraît que vous êtes très chers en DJ set avec Cassius...
Tout est subjectif, la boîte est pleine et les mecs vendent des tonnes d'alcool. Mais si c'est des potes on peut jouer pour rien.

Ton travail de production consiste en quoi?
Produire c'est donner des conseils, tout partager. Depuis le Phoenix, je fais plus de prod que du mixage. Les derniers artistes que j'ai produit ce sont Housse de Racket, Rapture et les Beastie Boys. J'adorerai produire Metronomy mais ils n'ont pas besoin de moi.

A part pour bosser, tu vas toujours en boite de nuit?
J'ai du mal à me dire que je vais bosser, car c'est un réel plaisir, trois fois sur quatre. Je vais pas à l'usine.

Quand tu ne fais pas de la musique, quel est ta passion ?
Je lis beaucoup. Le dernier livre que j'ai dévoré, c'était Le livre de Dave de Will Self. Ce fut un tel choc que je n'ai pas osé rouvrir un bouquin depuis. Dans dix ans, il sera considéré comme un grand, un nouveau Céline.

Tu sembles toujours aussi enthousiaste en quarante ans de vie et quinze ans de musique, comment tu fais?
J'ai compris très vite la phrase de Nietzsche « La mort est l'exception pour une vie qui est la règle » et ça a été un tel cataclysme, qu'à dix ans je disais : tout peut s'arrêter alors il faut en profiter un maximum. A ma tante qui m'a offert la batterie, je lui disais à 13 ans et demi : si tu me donnes 10 euros, je les dépense illico. Si tu me donnes 10000 euros là tout de suite, je te jure que je descends et je les dépense.

Cassius - Single I <3 U So (Ed Banger)

jeudi 5 mai 2011

J'y serai


à Hyères
villa noailles - hippodrome - plage
22, 23 et 24 juillet
pour le Midi festival avec

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