Interview de The Horrors (publiée dans le Bonbon Nuit 11-juillet 2011)



The Horrors
De belles horreurs

Texte : Violaine Schütz / Photo : Neil Krug

Le quintette anglais The Horrors est sans doute l'un des meilleurs groupes de rock actuel. Ils sortiront fin août leur nouveau disque, le troisième, Skying, décrit par leur chanteur, Faris comme « Joy Division et Gary Numan ayant eu un enfant illégitime. Lâché dans la nature il a développé une obsession un peu malsaine, mais bonne aussi, pour The Cure ». On a rencontré Rhys « Spider » Webb (bassiste et joueur d'orgue) et Joshua Third (guitariste), pour nous parler du monstre.

Votre précédent album était produit par Geoff Barow de Portishead, pourquoi avoir choisi de produite celui ci tout seul ?
Rhys : Quand on a a enregistré Primary Colours avec Geoff, à la fin des sessions, il n'arrêtait pas de dire : « mais en fait vous n'avez pas besoin de moi, vous devriez vous débrouiller tout seul, vous savez ce que vous voulez les mecs ! ». Il nous a donné la confiance de faire les choses nous-mêmes. On a enregistré le disque dans un studio qu'on a construit nous-même dans le quartier de Dalston, dans l'East-London.
Joshua : Une destination top-secrete. Beaucoup d'amis ont fait la fête dedans.

Que signifie le titre de l'album, Skying (qui peut se traduire par « s'élever dans le ciel » ou « planer »)?
Joshua : En écoutant l'album, on peut trouver plusieurs significations. Ça pourrait avoir un rapport avec la drogue, par exemple (rires).

Quand on écoute les nouvelles chansons du disque, on sent quelque chose de moins « dark » que sur le précédent, ce qui se confirme à la vue de vos looks, plus jean-tee-shirts que total look noir, vous êtes devenus heureux ?
Joshua : Je suis incroyablement heureux en ce moment.
Rhys : (rires) Non, en fait, je trouve qu'on n'a jamais été « dark ». Il y avait quelques chose de lumineux et vivifiant, une vraie euphorie un peu épique sur Primary Colours. On était excités en le faisant, pas du tout déprimés. Mais dans les mélodies, les couleurs et les textures, c'est moins fuzzy et psychédélique qu'avant. On part moins dans tous les sens. On a essayé de plus se concentrer en écrivant quelque de plus délicat et en laissant de l'espace, des respirations.
Joshua : Je dirai que cet album est moins apeuré. Et plus « pop ».

Il y a quelque chose de très romantique dans ce disque, qu'est ce qui l'a nourri ?
Joshua : J'ai été beaucoup influencé par Nikola Tesla, c'est mon scientifique préféré. Il a découvert l'électricité et l'ancêtre de la radio. Il a aussi écrit une théorie sur les armes à énergie au début du XXe siècle, intitulée « Rayon de la mort ». Un type génial.
Rhys : Joshua ressemble à une sorte de savant fou quand on le regarde évoluer dans le studio. Et il répare tout. Sinon pour revenir à nos influences, ce qui nous nourrit le plus, c'est l'idée d'avoir du bon temps. Passer du bon temps dans les bars entre amis à écouter de la musique électronique ou n'importe quelle musique qui te fait te sentir transpercé et transcendé par elle.

D'ailleurs Rhys, tu as un club à Londres, je crois ?
Oui, je dirige un club à Londres depuis 4 ans, le Cave Club, c'est un club psychédélique à la base mais qui passe de la soul, Funkadelic, les Rolling Stones, du Curtis Mayfield, et du vieux garage 60's; Mais on aime aussi Frankie Knuckles, la house de Chicago, du cosmic-disco, de la techno. Il y a toute sorte de musique de fête. Londres est encore une bonne ville pour se retourner la tête. C'est la meilleure ville pour profiter de la musique. Malgré la mauvaise image renvoyée par l'East London et ses hipsters, c'est encore un endroit où tu peux aller dans n'importe quelque pub et écouter de l'excellente musique passée par un DJ, ou écouter un groupe en train de jouer, n'importe quel soir de la semaine. C'est très inspirant.

Skying (XL Recordings/Beggars)
En concert à Rock En Seine le 28 août

Commentaires

Bruno b Hassen a dit…
Comment j 'ai trop raté le concert !

Articles les plus consultés