Itw de Bertrand Burgalat spéciale clubbing parue dans Trax en 2005

Bertrand Burgalat
L’autre BB

On le surnomme BB. Pourtant dans les 70’s, ce BB là ne s’intéressait pas aux BB phoques et aux plages de St Tropez, mais aux débuts de l'électro via Kraftwerk. On le surnomme aussi le « Phil Spector français » mais lui n’a tué personne (à notre connaissance). Pour nous, Bertrand Burgalat est surtout le client parfait pour passer une soirée clubbing chic et décalée.

En 1988, Burgalat commençait sa carrière musicale en produisant l'album du groupe slovène Laibach (dont Ben Carter est grand fan), avant de s’occuper d’Einstürzende Neubauten et de Minimal Compact. Depuis, Bertrand a délaissé les productions électro goths obscures pour se consacrer à la musique électronique « easy-listening ». C’est aussi à ce grand homme qu’on doit de très beaux remixes de Depeche Mode et Air, et la création du label Tricatel. Il revient ces jours-ci avec un Portrait-Robot désuet et raffiné, qui lui ressemble trait pour trait.

Tes premiers souvenirs de soirées?
Le bal de la fête de Saint Mamet, la Rotonde, la discothèque d’un l'hôtel de Luchon et le concert des Pink Floyd à la Halle aux Vins de Colmar en juin 1975. Avant ça, j’avais vu Michel Sardou à l'Olympia de Vannes, et Tino Rossi à la fête des vins de Neuf Brisach...Ca ne compte pas.

Ton meilleur souvenir de soirée ?
Un rassemblement mod été 85 à Brighton. J'avais accompagné deux amis qui faisaient un reportage vidéo en espérant qu'il y aurait de la baston avec les rockers mais bon, en 85, les rockers...On avait suivi les mods de Gambetta qui prenaient le ferry à Dieppe avec leurs scooters. Le premier morceau que j'ai entendu là bas était la version Bardot de « Je t'aime moi non plus » (inconnue en France à l'époque) et après ça des merveilles soul qui m'étaient complètement étrangères. J'écoutais plutôt Killing Joke à l'époque.

Ton pire souvenir ?
Quand le serveur de l'Embassy de Dijon m'a injustement mis le nez dans le vomi, qui émanait en réalité de mon voisin.

La chose la plus folle faite lors d'une soirée ?
Un coma.

Le dernier morceau qui t’ait retourné la tête ?
Ralph Myerz « L.i.p.s.t.i.c.k ».

Le dernier cd d’électro acheté ?
The Herbaliser Take London.

Tes DJ's préférés ?
Gilb'r, I:Cube, Morpheus, Christophe Lemaire, Frederik Eklander, un super DJ suédois de northern soul, et Guido parce qu’il m'évoque ce qu'on avait essayé d'initier avec le Club Tricatel : des soirées spontanées où on ne sait jamais quelle musique sera jouée l'instant d'après.

Ta boisson préférée ?
Le whisky mais je suis condamné au Coca Light. J'ai arrêté de boire il y a cinq ans parce que je suis diabétique. Je n'arrivais pas à me contrôler. Heureusement j'ai commencé à picoler très sérieusement à partir de 14 ans, donc j'ai encore des réserves...

Ton truc contre la gueule de bois ?
Quand je picolais, c’était le blanc limé : vin blanc + limonade.

Une tenue favorite pour sortir ?
Non, le plus important est de bien se brosser les dents après chaque repas.

Ce qui transforme une fête banale en événement inoubliable ?
Des participants venant d'horizons divers, curieux, ne se la pétant pas, bref le moins de modeux possible. Beaucoup d'alcool. Pas de guest list, pas d'open bar, pas d'entrée gratuite mais une participation aux frais raisonnable, sans exception. Autrement ce sont les fauchés qui douillent.

Portrait-Robot (Tricatel/Virgin)


violaine schütz


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