Bio officielle du groupe Paris (2010)


Paris
In Crowded Subways (EOS)

« Hé ! Mec ! Mec, comment t'épelles Paris ? Paris ? P-A-R-I-S. Non, non, non, non, non,
Paris, ça s'épelle M-E-R-D-E. Tu sais, tu devrais trouver quelqu'un Qui remplisse ton cœur d'amour, ou de calmant. Enfin de quelque chose Parce qu'on arrive par erreur, par hasard,
Et trop tard. Et la poubelle est pleine depuis si longtemps, Qu'il n'y a plus de place pour nos déchets à nous. C'est Paris. Paris, ville de nos rêves. Et à Paris y'a rien à faire, Juste marcher dans les rues. P-A-R-I-S. » depuis que Daniel Darc chantait Paris avec Taxi girl en 1984, rien n'a changé au contraire.
Heureusement une poignée de groupes de la Capitale redorent le blason d'une ville qui fout le cafard. Paris, d'abord nommé Parade (pour le ballet de Cocteau avec une musique de Satie et des costumes de Picasso), puis Dior (Galliano trouvait l'idée géniale, mais l'appellation était déposée) est la formation fondée en 1999 par Nicolas Ker (Poni Hoax) et Axel Bonard. « Ca aurait été cool de s'appeler Dior alors qu'on était au RMI et plutôt habitués de Ed l'épicier et qu'on portait des pantalons YSL rapiécés ».

Mais la rencontre des deux rmistes remonte à beaucoup plus loin. A une époque où Nicolas a 22 ans, monte des expos à la Artaud dans des décharges publiques, et se promène constamment en maillot de bain noir, chaussons de kung fu, un squelette phosphorescent avec un lacet autour du cou comme amulette. Mystique, il ne ne jure que par la poésie rimbaldienne et l'interzone, croit aux signes, est pris de délires ésotériques et consomme de mauvais acides. Il lit assidument Baudelaire, Nerval, d'où ce côté littérature du 19eme siècle, poètes symbolistes parisiens chez Paris. A ce moment là il croise en vacances à Bouzigue le petit frère d'un copain, qui a lui 14 ans, Axel, et est fasciné par les obsessions de Nicolas.

Quand ils se recroisent, dix ans plus tard à la Goutte d'Or, l'idée de former un groupe vient naturellement. Axel affectionne Undergound Resistance et la techno mais connait aussi les Kinks et le rock des 60's par les grands frères ; En pleine french touch, Nicolas, lui, est totalement décalé. Il écoute en boucle les Stooges, et vient d'arrêter un groupe de rock qu'il formait avec Olivier Forest (aujourd'hui initiateur du festival Filmer la musique). L'idée de leur association? Faire du Atari Teenage Riot sans le côté métal dégueulasse. De l'électro cheap animée de l'énergie du punk crasseux et de la verve d'un Brian Jones. Des albums des Doors électroniques. Le choc des cultures.
Mais dès les premières chansons, le mariage contre-nature fonctionne à merveille; Armés d'un simple micro et d'un séquenceur Yamaha RM1X, le binôme étrenne son live dans les bars miteux de la Goutte D'or. En deux ans ils écrivent quarante chansons. Paris fait du bruit. Ils jouent bientôt au Zebre, au Café Chérie, en première partie de Alan Vega au Triptyque, date pour laquelle le bassiste, Vincent Duval rejoint la troupe. Celui-ci resta un an dans le groupe, amorçant l'enregistrement d'un EP chez No Future Records, en 2007 : « Un océan d'étoiles ». Nicolas Villebrun, Arnaud Roulin (tous deux de Poni Hoax) et Mike Theis (Diplomatic Shit, aux machines) s'ajoutent à la formule, tandis qu'Axel a démissionné (pour aller vivre à Taï-Peï).
Puis c'est l'excellent Maxime Delpierre (Joakim And the Disco), guitariste, qui remplace Villebrun. Le son de Paris se peaufine, s'impose. On les compare à des Primal Scream psychotiques ou à des Happy Mondays punk. Agnès b s'entiche d'eux et joue les mécènes. La rumeur gronde. Jusqu'à ce que le label EOS (Data, Danger) leur mette le grappin dessus pour sortir leur nouveau maxi, « In Crowded Subways », mixé par les Micronauts. On pense à Suicide, Phil Spector, Scott Walker, au Velvet, aux Rolling Stones ou encore au Gun Club, en version moderne, 2.0.
Il y a « In Crowded Subways », une chanson inspirée par le Pulp, où un soir, défoncé, Nicolas se retrouvé étouffé par la foule d'un dancefloor bondé. Il se croit alors à la station Chatelet Les Halles et se demande « c'est quand qu'on descend ». Suit « The Cross-Over », l'histoire d'un mec qui est avec une fille, mais quelque chose ne tourne pas rond. Quelqu'un a trompé l'autre ou quelque chose dans le genre, l'angoisse court. Enfin « Yes, Arthur, Certainly » (les Smiths auraient pu intitulé un titre comme ça) c'est une lettre au petit frère, sur les rapports avec les parents, le rôle du père et de la mère. Des paroles étranges, cryptées, ésotériques qui magnifient un disco aussi sombre que vivifiant. Un rock apocalyptique mais aussi porté vers le futur. Avec eux, Paris a enfin retrouvé ses lettres de noblesse.

Paris sont :
Nicolas Ker: vocals
Arnaud Roulin: bass keyboards
Mike Theis: machines
Maxime Delpierre: guitars

Texte de Violaine Schütz

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