Chronique de John Maus parue dans Tsugi


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John Maus We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves (Upset The Rythm)

Un phare dans la nuit...C'est l'image qui orne la pochette du troisième album de John Maus (le 15ème si on compte les enregistrements undergrounds vendus aux concerts), et c'est presque une métaphore. Car pour beaucoup, l'ex prof de philo américain qui a accompagné Animal Collective et fait partie d' Ariel Pink 's Haunted Graffiti, sort depuis 2006 des chansons solo messianiques qui l'ont imposé en guide spirituel et baroque d'une scène (la pop lo-fi de Los Angeles) sans véritable héraut. Avec sa ferveur (il joue seul de la basse, des claviers, chante, enfin, éructe), ses scansions de prédicateur au timbre guttural et le romantisme mystique de ses mélodies sombres, John Maus a su fédérer une bonne tripotée de croyants. Et c'est pas We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves qui va calmer les ardeurs des fidèles. On y retrouve ses gris-gris fétiches : des synthés d'église lyriques, des chœurs éthérés, de l'orgue sinistré (« ...And the rain »), une boîte à rythmes métronomique, de la pop vaporeuse et cajoleuse (« Hey Moon ») ou de réconfortantes ténèbres « Quantum Leap ». Enregistré dans des conditions minimalistes, le tout résonne pourtant comme une messe synthétique d'une intensité si rare qu'elle convertirait un ayatollah de prod léchée à la religion chiptune. (Violaine Schütz)

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