Chronique d'Anna Calvi

Anna Calvi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Anna Calvi (Domino/Pias) pour Tsugi

Image La première chanson, la ballade instrumentale americana “Rider to the Sea”, est trompeuse. Elle ne dit en effet rien de ce qui fait la magie d’Anna Calvi, soit son incroyable organe vocal. Repérée sur un maxi chez Domino fin 2010, “Jezebel”, où la Londonienne réinterprétait Piaf avec une saisissante présence spectrale, Anna Calvi impressionnait surtout par son timbre à la sensualité sombre, de ceux qu’on n’oublie pas, même longtemps après écoute. Sur ce premier album, Anna ne cesse d’évoquer son aînée PJ Harvey (avec qui elle partage le producteur Rob Ellis), celle des débuts, y compris dans l’instrumentation minimale de ses titres dépouillés mais toujours en surtension. Anna Calvi, qui aime se maquiller en drama queen et se vêtir de robes de flamenco joue de la six-cordes et chante comme si les lendemains étaient incertains, avec une urgence dans les envolées d’hystérie et une douleur dans la voix étonnantes pour sa vingtaine d'années. Hantée par plusieurs vies, habitée par plusieurs idoles, Anna évoque tour à tour une prêtresse des ténèbres à mi-chemin entre Diamanda Galás et Siouxsie (“The Devil”, “Suzanne and I”), un Morrissey version fille (le romantique “First we kiss”) et Patti Smith pour le reste du temps. C’est déjà beau. (Violaine Schütz)

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