dimanche 28 novembre 2010


L'invité du dimanche/guest 2 : Bruno


Le sémillant et ténébreux et drôle Bruno fait de de belles photos (en noir et blanc et en couleur) d'arbres (voire son blog Nobline en lien), de maisons et de gens et de chouettes sélections musicales éclectiques. Aperçu dominical.


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A LOVE SUPREME by Thomas Campbell
envoyé par maelstrommagazine. - Découvrez plus de vidéos créatives.

mardi 23 novembre 2010

X-mas soon

Late Of the Pier : Article de couv paru dans le TSUGI n°11


http://img.metro.co.uk/i/pix/2008/08/LatePier130808_450x351.jpg

Texte : Violaine Schütz

Late Of The Pier

Fin de race, début de lignée

Il y a eu le revival du rock binaire classe 77, l'éphémère nu-rave remettant les 90's au goût du jour et puis plus rien. Enfin, c'est ce qu'on croyait jusqu'à ce qu'un quatuor à peine majeur, Late Of The Pier, viennent confirmer, avec un premier LP vivifiant et barré ce que Metronomy et Mystery Jets avaient prédit. Il y aura bien un futur du rock anglais, et celui-ci passera par des synthés, une excentricité très 80's et une bonne dose de second degré. Vivement demain!
« Ce n'est pas seulement le nouveau groupe le plus excitant du moment, c'est LE groupe le plus excitant de tous les temps. J'aime leur musique et en tant que personnes ce sont les quatre types les plus créatifs, spirituels, inspirés, concentrés et aimables que j'ai jamais rencontré. Je pense que Fantasy Black Channel est un très beau disque, qui ose beaucoup de choses, mais ça je le savais avant même qu'on commence à l'enregistrer.”

C'est en ces termes, plus qu'élogieux que l'homme du moment, l'Anglais Erol Alkan, parle de son groupe préféré dont il a produit l'album, et on est pas loin de partager son enthousisame un brin ampoulé. Le 26 juillet, on constatait pour de vrai à quel point l'emphase de l'ancien patron du Trash n'était pas volée. Au Razzmatazz, immense club de Barcelone, perdu au milieu de nulle part et abritant des clubbeurs de tout bords se divisant sur 5 salles, Late Of The Pier jouait à 3 heures. Après un set techno italo de Sistema (un producteur espagnol proche d'Alexander Robotnick), ils parvenaient alors à mettre d'accord ceux qui étaient venus danser sur de l'électro et les indie rockeurs déjà au courant de la nouvelle “LOTP”. Dans une salle non climatisée (la seule de tout le club) et fumeuse (la seule aussi de tout le club), l'alchimie prend dès les premiers retentissements synthétiques. Il y a plus de claviers sur scène que d'êtres humains, humains dératés que l'on voit s'agiter dans tous les sens dans des tenues dorées improbables, un mix de lamé or période disco et de nippes vintage.
Musicalement, le son est assourdissant, la vitesse d'exécutions d'un urgence absolue : les bombes électro rock barrées, s'enchainent et explosent les têtes. Les martèlements du chanteur frappant frénétiquement un instrument diy fait de lattes de lit, sur « Space And The Woods », premier single auto-produit du groupe sorti en Mars 2007, enfonce le clou dans un cerveau déconnecté et des jambes bien laminées. On est envouté, heureux, chancelant quand le chanteur finit dans la foule, porté par un public chauffé à blanc. Quelques minutes plus tard, en reprenant nos restes d'esprit, on pense à la fois à Ian Curtis pour la danse épileptique de danse du chanteur, à l'énergie brute du début du punk, aux farces de Devo, aux concerts débraillés de Klaxons, autres pourfendeurs de barrières musicales dont ils sont le sens du dancefloor féderateur, l'élégance d'un Franz Ferdinand en prime.
C'est à peu près la même sauvagerie brute, le même choc frontal, complètement rafraichissant et étourdissant, qui émane de la première écoute de l'album inaugural du quatuor. Fantasy Black Channel est une petite révolution dans le manoir anglais de la pop anglaise. On y brasse à peu près tout, du glam rock au prog, en passant par la pop expérimentale, l'électro weirdo, la new-wave, le hard rock et le funk. On casse les ryhtmes, déglinguent les mélodies, ça part dans toutes les directions, va et vient, ose le pire mais plus souvent le meilleur. LOTP y démontre violemment à ceux qui ne voyaient qu'en eux les hypeux auteurs d'un track compilé par Kitsuné (« Broken ») bon qu'à remplir un Showcase ou un Paris Paris qu'ils se trompent différemment. Ca aurait tellement facile : quatre jeunes garçons plutôts mignons, anglais, auteurs d'une musique crossover et fluo, adulés par les branchés. Sauf, que voilà, Late Of The Pier, soit « la fin de la jetée », c'est à peut près tout sauf ça.

Les pendules à l'heure
Si l'on se fiait à l'imagination des empêcheurs de danser en rond, les Late Of The Pier seraient idéalement issus de Londres, beaux comme des Dieux dans leur slims ultra mode, incultes comme pas permis, de la morgue à revendre. Surprise. On découvre Sam (chant guitare) le regard habité à la Ian Curtis, en pantalon rougeâtre trop grand et un tee shirt qui a eu plusieurs vies, Ross (batterie, percussion, fanatique), rouquin mutique, Faley (basse), dans un look intégral de métalleux tendance légèrement hippie qui aurait pu jouer dans le nanar Radio Rebels et Potter (synthétiseur, sampleur), légèrement bedonnant et le cheveux gras, tous très préoccupés peu avant leur concert espagnol. Il leur manque des câbles et le son de leur balance n'est pas au point. Perfectionnistes, soucieux, ils tiennent à faire les choses dans les règles. L'interview prévue à 19h aura finalement lieu à 1h, dans le hall de leur hôtel. Et au lieu d'y arriver bourrés, ou dans un état déliquescent, ce sont quatre jeunes hommes acérés, patients, et tout ce qu'il y a de plus intelligents qui se présentent à nous. Première chose qui frappe, le contraste (frôlant la contradiction) saisissant entre leur jeune âge (ils entament à peine la vingtaine, mais en paraissent 15), leurs bouilles d'idiots du village et l'originalité très mature de leurs réponses.
Ils auraient pu, pour commencer, nous dire qu'ils s'étaient formés, en 2005, pour épater les filles et boire à l'œil. Mais Sam dément fermement : « J'ai rencontré Faley, quand j'avais vraiment vraiment besoin d'herbe et Ross en classe de science, on s'est retrouvé autour de notre humour absurde. C'est drôle de penser que nous nous sommes rencontrés en classe de science, car notre association en groupe a été une réaction chimique à la médiocrité de beaucoup de groupes anglais indie qui trouvent une formule et s'y tiennent fermement, reproduisant le même schéma pour toutes leurs chansons. Nous abordons la musique comme des scientifiques. Nous disséquons ses différents ingrédients pour découvrir de nouvelles choses en musique, et expérimenter de nouvelles formules. »
Autres originalité chez ces scientifiques pop d'un nouveau genre, ils n'ont pas grandi dans la capitale, Londres, la ville de la nu-rave et des Libertines. Ca aurait nourri la hype et le mythe. Mais mieux, ils viennent « d'un petit village appellé Castle Donington et on a découvert la musique live en s'échappant au Liars Club, à Nottingham alors qu'on était mineurs, raconte Potter. L'offre musicale live a toujours été très limitée là bas. On y a vu quand même Franz Ferdinand, Cut Copy ou Art Brut ainsi que des DJs comme Hell. Mais sinon, on était plutôt vierges de tout. Aujourd'hui, on vit tous les quatre dans une maison, en rase campagne, dans les Midlands, près de la forêt de Nottingham. On ne peut pas vivre dans une ville. Nous détestons Londres, si on y avait vécu on aurait totalement pété les plombs ou alors on serait restés enfermés entre quatre murs. On a besoin de vivre à la campagne et de pouvoir laisser vagabonder notre esprit. Le bruit que l'on traduit dans notre musique vient de cette nature. Et le vide qui y règne nous permet de penser et de faire fonctionner l'imagination. On ne regarde pas non plus la TV, on reste chez nous à discuter jusqu'à pas d'heure. On écrit aussi beaucoup de poésie ou d'histoires dans lesquelles on teste notre sens d'humour, et après on se les fait lire. En fait, nous sommes un peu comme des personnages de Spike Milligan. » Spike Milligan, c'est ce comique et comédien anglais génial (décédé en 2002) qui inspira les Monty Python et Perter Sellers. Il écrivait des choses comme « Remède contre le mal de mer : asseyez-vous sous un arbre.» Une phrase qu'un Late Of The pier aurait pu écrire. Leur chanteur trouvant par exemple la pochette de leur cd promo (un logo sur fond bleu) « belle comme une pâtisserie » et comparant leur musique « au bruit émanant d'une poupée de porcelaine mangée par des alligators. »

Chaos pop et chaîne porno
Qu'on se le dise, les LOTP sont des originaux, à l'image de leurs idoles qui en sont ni des Bowie, ni des Morrissey. « On n'est pas trop intéressés par les personnes célèbres. Ce qui nous inspirent, ce sont des gars de notre village, des excentriques. Beaucoup d'alcooliques de notre village sont nos héros, raconte Potter. Jay Austin est l'un d'eux, un type toujours ivre qui a des histoires en pagaille ou un vieil Irlandais appelé Nelly, qui est comme un grand enfant réclamant un gros jouet. A chaque fois qu'on lui réclame un peu d'argent ou qu'un truc lui plaît pas, il hurle et pleurniche; Il est très charmant, c'est un personnage. On adore d'ailleurs les chansons qui parlent de personnages comme « Sexy Sadie » ou « Lovely Rita » des Beatles, un de nos groupes préférés. »
Mais attention, Late Of The Pier n'a ni l'élasticité pop des Beatles, ni l'évidence sonique, il préfère le chaos et concède facilement sa difficulté d'accès. « Late Of The Pier ne signifie rien. Tout comme Fantasy Black Channel, ce sont des non-sens, avoue Ross. Pour le titre de l'album, c'est à la fois l'écran noir sur lequel tu peux laisser ton imagination vagabonder et une chaine de TV porno qu'avec des blacks. On laisse l'auditeur choisir, selon la tournure de son esprit plus ou moins malade. C'est vital pour nous de laisser les champs ouverts. Ca correspond au fait qu'on ne pense que la musique doit se laisser appréhender en termes de frontières ou de genre. Elle devrait être laïque! On nous a reproché de ne pas pouvoir nous cerner, de passer d'un morceau à l'autre, à un style complètement différent. On ne peut pas nous classer parce que notre approche de la musique n'est pas de s'inscrire dans une tradition. On part d'un beat, et on le suit, et puis on fait très souvent marche arrière, dès qu'une mélodie part trop dans un genre précis. Ça doit être un peu frustrant pour les fans, c'est vrai. Mais c'est dangereux d'avoir un cadre et de s'y appuyer, c'est comme s'endormir au travail. »

Fin de règne
C'est que le quatuor semble appartenir à une nouvelle race du rock anglais. Là où les grands frères (Libertines) avaient pour maitre étalon les 70's, ses guitares simplissimes et ses textes qui causent principalement de filles et de drogues, les Mystery Jets, Friendly Fires et autres Metronomy ont décidé de compliquer la pop. « Il y a en effet des similitudes entre nous et ces groupes, confirme Sam. On est pas intéressés par le format 3 minutes à tout prix. On aime l'idée que sans raison apparente, la mélodie se barre et prenne un autre chemin. Peut-être, que ça vient de notre génération, qui essaye de détruire des choses déjà entendues, et d'en essayer d'autres. On était d'ailleurs embarrassés de découvrir que nos démarches se ressemblaient autant, sans nous être concertés, avec Metronomy. On admire la manière dont ils utilisent des synthés, non pas pour être trendy mais pour obtenir des sons particuliers qui ne peuvent pas être utilisés avec d'autres instruments. Leur musique semble dire à toute une génération précédente : n'essayer pas de coller à une étiquette, prenez le risque d'être vous même, de ne pas sonner comme les autres, déposez les uniformes, C'est une ode à la difference.”

Différents, étranges, déroutants, LOTP poursuivent l'œuvre de Klaxons et d'autres groupes étiquetés nu rave dans le mariage d'éléments dance et d'énergie punk pop mais vont plus encore plus loin lorsqu'ils enchevêtrent claviers, guitares, saxo et trompette, et tout un tas d'autres sons bizarroïdes empêchant toute tentative de classification. La formule magique « dance punk » ne suffit plus. Late Of The Pier ne s'appelle peut être pas « La fin de la jetée » pour rien. C'est la fin d'un règne dont leurs mélodies over-mutantes sonnent le glas. Celui des tribus, des clans et des combats de sang, des mods aux clubeurs fluo en passant par les goths. L’histoire musicale anglaise atteint ici peut-être l'une des ses phases les plus passionnantes. Il y a eu les corbeaux d'Editors reflétant le moral des ados au plus bas, puis la nu-rave en réaction hédoniste aux idées noires et finalement la digestion de tout ça. Thèse, antithèse, synthèse. « La vie est dure » ou « le suicide est dans mon sang » chante Late Of The Pier sur des mélodie de synthé qui ferait danser un mort. Il y a là la rage désespérée d'un certain rock anglais d'héritage new-wave et l'optimisme dansant de la relève, et puis des choses encore jamais entendues, comme danser sous les bombes, en scrutant de nouvelles planètes, en quelque sorte.
Alors pendant que certains croient encore que Late Of The Pier est une simple marotte pour branchés consuméristes, les quatre « idiots du village » écrivent sans doute la B.O de leur temps. Comme Joy Division, à son époque écrivit celle des 80's, soundtrack à la fois sombre et lumineuse, désespérée et galvanisante, une musique de mort et de vie.

New Koudlam video - Brother


Koudlam - Brother from Pan European Recording on Vimeo.

The new Cut Copy

Sans être aussi brillant que les deux derniers albums des Australiens, ça se laisse écouter...
http://soundcloud.com/modularpeople/take-me-over-radio-edit

dimanche 21 novembre 2010

L'invité du dimanche/guest 1 : K.I.M.

Florence Lucas alias K.I.M. (http://flokim.blogspot.com/) fait de très beaux dessins, et a des gouts musicaux pointus et très sûrs. Elle avait fait une belle double page d'illustration pour Gomina, le fanzine que j'avais monté pour le club Le Scopitone. Elle inaugure la rubrique d'invités avec sa playlist youtube de ses cinq morceaux du moment.



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samedi 20 novembre 2010

Le nouveau Redux

Redux a confié à Kitsuné la rédaction en chef de son 37ème numéro... Gildas Loaec et Masaya Kuroki les deux fondateurs et directeurs artistiques de Kitsuné sont donc aux manettes de la rédaction et de la direction artistique.

J'y ai interviewé Aeroplane. Dans les bons endroits dès le 23 novembre, gratuit.

Lise Sarfati



Découvert pendant le mois de la photo, le travail de Lise Sarfati...





Interview with Pilooski

Interview de Pilooski parue dans le magazine du Social Club en 2008


Pilooski

Edit : remodelage d’un morceau de musique déjà existant afin de lui donner une dimension dancefloor. Dans cet art du recyclage, il existe un maître incontesté. Cédric Pilooski, toulousain de 35 ans d’origine polonaise découvert par le très hype Dirty Sound System. Ses versions krautrock-disco syncopées de vieux classiques soul (ou pas) oubliés en ont fait l’un des hommes les plus courtisés de l’année. Rencontre décontractée avant la débâcle annoncée de son set au Social Club le 27 mars.

Propos recueillis par Violaine Schütz

Quel a été ton parcours jusqu'à ta rencontre avec la musique ?
Dans l'ordre: l'enfance, l'école, les filles, la fête...la vie quoi...J’ai commencé à produire du hip hop pour un label parisien, de la techno pour d'autres, j'écoutais de la soul et des BO à la maison, je jouais pas mal à "Puissance 4" pour développer mon esprit de stratégie, je regardais beaucoup de films de Gangster et du futur, puis,j'ai rencontré les génies du Dirty Sound System, on a bu des coups, et voilà...
Tu as produit des groupes de rap, comment ça s’est passé ?
C'est très simple. Tu passes ta vie à expliquer ce que t'es en train de faire aux mecs avec qui tu bosses, à la fin tu les mets devant MTV avec un gros joint, et quand un jour, ils écoutent du jazz, c'est qu'ils sont arrivés.
Aujourd’hui, tu fais des edits, c’est quoi un edit exactement ?
Un morceau que tu aimes bien dont tu t’appropries les meilleurs moments. Un edit réussi ne dénigre pas l'original et continue à être fluide malgré le charcutage opéré.
Comment choisis-tu les morceaux à « éditer » ?
Par goût de l'original essentiellement et non pas en fonction du style.
Warner a récemment racheté les droits de l’edit de Frankie Valli, « beggin » que tu as réalisé. Comment ça s'est passé ?
Dan du label 679 m'a appelé, ils avaient de grands projets pour moi à travers Warner UK qui avait les droits pour le morceau de Frankie Valli. Ils ont fait une vidéo horrible, des tee-shirts, et ont fait de moi l'heureux détenteur d'un disque d'or en Grèce.
As-tu une anecdote folle à propos de tes edits ?
Pas vraiment, Faire des edits, c'est constamment avoir un œil sur ton écran et bien surveiller l'eau qui bout pour les pâtes.
Quels logiciels conseillerais-tu pour un amateur qui veut se lancer dans l'edit ?
Aucun, il n'y aucune règle, je connais des gens qui s'amusent comme des fous avec un bout de bois et une tranche de jambon.
Qui aujourd'hui, fait les meilleurs edits d'après toi ?
J'aime bien ceux de Moxie, certains de Todd Terje. Ceux qui continuent à éditer uniquement du disco manquent vraiment d'imagination en général.
Les edits ont vraiment émergé avec l'avènement du disco début 80’s, vois-tu un parallèle entre cette époque et la nôtre ?
L'époque n'est pas si différente que ça, il y a pas si longtemps, j'ai entendu Chic en boîte. Et puis il y a des DJ’s qui se font un paquet de tune, et souvent, ce ne sont pas les meilleurs.
Es-tu un gros collectionneur de disques ?
Je l'ai été, aujourd'hui, je trouve les collectionneurs de disques tristes, avides, seuls, moches...Je les évite au maximum.
Tu produis aussi tes propres tracks, peux tu me raconter l'aventure discodeïne ?
Discodeine, c'est un projet avec un membre de Dirty, Benjamin Morando aka Pentile, notre ambition ultime est de faire de la pop pour tous les saunas du monde. On finit un album pour Dirty, et des remixes pour qui veut.
Qu'est ce que tu aimes en musique électronique aujourd'hui ?
Plein de choses, j'adore Jackson, Oizo, Errorsmith sous ses différents projets, certains trucs de Das Glow, Siriusmo, j'aime bien aussi les trucs de Sebastian, Matthew Dear, Zongamin, Joakim, des gens créatifs, avec leur propre son. Je trouve qu'il y a plein de trucs intéressants en ce moment.
Quelles sont tes influences musicales majeures ?
Toutes les musiques avec de l'intensité, du funk et plein de défauts. Ce qui me touche dans la musique, en général c’est la sincérité et parfois le manque de compétence technique de l'artiste.
De quoi es-tu le plus fier jusqu'à présent ?
Je suis très peu objectif sur ce que je fais en général, mais pour être en phase avec mon époque, je dirais peut-être le remix de Von Südenfed (le nouveau projet électro du chanteur de the Fall, Mark E. Smith, ndr) pour le label Domino et surtout les derniers morceaux qu'on a fait avec Pentile dans le cadre de notre projet Discodeine. On vient de finir un remix pour Photonz dont on est assez content. On chante, on rit, on danse, c'est bien.
En tant que DJ, quel est le meilleur endroit où tu ais joué ?
Incontestablement le Brésil. Le Portugal, la Turquie sont également des endroits ou l'on mange bien.
Quelle a été la plus belle soirée clubbing de ta vie ?
Plein de soirées peuvent être merveilleuses. Récemment, je dirais Rub-n-Tug au Social club : aveuglé par l'alcool, l'un des deux membres qui était habillé en bucheron, cherchait les platines et passait en boucle le même disque.
A quoi doit-on s'attendre le 27 mars au Social Club pour ton mix aux côtés de Dondolo et Dirty?
A ce que je joue des disques que j'aime, mais aussi à « être heureux, malheureux, vivre seul ou même à deux ».
photo :Philippe Lévy

Toro Y Moi / Interview

Toro Y Moi, reviendra avec un second album le 22 Février prochain. En attendant, voici l'interview de lui que j'avais réalisé pour Tsugi.

En Caroline du Sud, un jeune ricain invente sur un premier disque personnel et essentiel la musique
qu'on doit écouter au Paradis. On appelle ça la chillwave, et Toro Y Moi est un peu le surfeur d'argent de cette nouvelle vague électro-pop.

1997, Daft Punk sort son premier album, Homework, et abolit la guerre des clans musicaux. Dans son sillage, une nouvelle génération électronique aux idées larges mixe pop, funk, rock, pop et disco pour créer des hymnes qui rallient clubbers et rockeurs sous la boule à facette. On connaît l'histoire, elle a eu ses précurseurs (New Order) et ces émules (Justice, diz ans après); Toute une génération danse aujourd'hui sans barrières ni œillères grâce à eux. Et ce n'est pas un hasard si Chaz Bundick alias Toro Y Moi, 23 ans, américain né d'un père africain et d'une mère philippine, déclare vouer un culte au duo masqué français, avec quelques autres fétiches (Jdilla, My bloody valentine, et les Beach Boys).

Enfant du rock, de l'électronique et du web 2.0, Chaz fait de la musique (une souris dans une main, une guitare dans l'autre), du graphisme (ce sont ses propres collages qui illustrent ses pochettes) et tient un blog (qui s'intitule Lessons of the poor and lonely, soit tout un riant programme). Son adolescence est celle de plein d'autres. « J'étais à fond dans le skateboard et la pop-funk pendant longtemps...et je m'en suis lassé très vite (rires) » résume Chaz. A la maison, les parents Michael Jackson (dont il a fait repris « Human Nature »), Madonna, Elvis Costello et les Ramones. Comment alors expliquer que la musique de cet ex ado comme tout le monde ne ressemble à aucune autre?

Chillwave mon amour
C'est assez rare pour le noter, le premier album de Toro Y Moi, Causers Of This (« il y a une fille
sur laquelle cette album est et qui la cause l'originalité troublante. Juxtaposant des textures dance, folk lo-fi, rock électro expérimentale, hip hop et psychédélisme, sa pop sample et décortique trente de musique, distillant des millions d'idées sonores jamais entendues. « J'ai commencé le piano à l'âge de 8 ans et la guitare à 14, raconte Chaz, le reste s'est fait en autodidacte ». Proche du son de Washed Out, Memory Tapes, Air France, Neon Indian, tous réunis par la presse et les blogs qui comptent sous le nom de courant « glo-fi », « chillwave » ou encore « hypnagogic pop » (à croire qu'il faut bien justifier son maigre salaire de journaliste en inventant du concept), cette synthé-pop crée en Caroline du sud allie de façon inédite un chant nonchalant et juvénile à des bidouillages électroniques perdus entre dub poétique et électronique de chambre à coucher. « Blessa » évoque la B.O d'un Virgin Suicides où les héros seraient des garçons aux cheveux bruns qui auraient beaucoup écouté Four Tet et les Smiths entre deux séances de surf. « Talamak » est une chanson d'amour de funk contrariée par une texture synthétique rêveuse évoquant les 70's. Le tout sera sans doute la cause de tous les maux (la mélancolie est toujours là) et de tous les émois.

Causers of this (Carpak)
www.myspace.com/toroymoi
Violaine Schütz pour Tsugi

Western Hospitality

vendredi 19 novembre 2010

Twin Sister - All Around and away we go


All Around and Away We Go from Twin Sister on Vimeo.

Photo prise dans les toilettes du Point Ephemere

Now playing : the new Hercules And Love Affair - Blue Songs

Première écoute : plus calme, et beau (sans Antony par contre), chronique à venir dans le prochain Flavor...

Interview with Klaxons (published in Tsugi 34/2010)



Klaxons
New Rêve : la gueule de bois

Texte : Violaine Schütz

Trois ans après le choc Myths Of The Near Future, les anglais Klaxons sonnent une deuxième fois mais sans nous refaire le coup du dance-punk fluo. Surfing The Void surfe sur un rock mi punk, mi-prog, en oubliant les remontées acid. Comment passe-t-on de la new-rave au no-future ?

« Ils sont bons pour le Hellfest », « On sent que le producteur de Slipknot est passé par là »...Au showcase pour journalistes donné dans un relatif secret au Nouveau Casino parisien en juin dernier, les Klaxons ne sont plus tout à fait ceux qu'on a connu et déroute la hype qui l'attend depuis trois ans au tournant. Exit les nippes fluos, les sifflets de free party et l'électronique! Jamie, James, Simon et Steffan (le batteur uniquement présent dans la formule live) jouent fort un rock rapide (façon punk séminal), dont ressortent « Flashover », « Sufing The Void » et « Calm Trees », trois morceaux plus durs, bruts et sombres que les précédents tubes estampillés new-rave des Anglais. Désormais, il faudra s'y faire, les Klaxons forment un groupe de rock classique et efficace, assurant le show et offrant un public pourtant blasé un pogo et quelques slams. D'où vient une telle révolution? Qu'a mis le trio dans ses « E »?

La sonnette d'alarme

Pour ceux qui auraient passé les années 2006 et 2007 dans un sous-sol à écouter Bauhaus, le flashback s'impose. A ce moment là, en quelques hymnes tapageurs (« Gravity’s Rainbow », « Atlantis To Interzone », « Magick ») un trio londonien sapé comme l'as de pic s'impose comme le fer de lance d'une génération de kids décomplexés qui ne font pas la différence entre le rock et l'électro. Après des années de cynisme cold wave et de rock binaire triomphant (Strokes, White Stripes) le son de Klaxons devient le nouvel opium des jeunes. Mixant indie pop, sirènes rave, basse acide, beats sous MDMA et claps dans les mains avec une salutaire liberté, ils féderent tout ce qui s'est fait de meilleur outre-manche : la furia du punk, l'hédonisme house et l’euphorie baggy. Ce rock mutant qui se danse associé à des prestations scéniques aux airs de mix, un look fluo improbable, des clips DIY déments, et des déclarations nébuleuses sur la science-fiction et les drogues, fait vite des Klaxons le groupe d'une décennie (myspace) et l'idole du NME. A l'époque, James (chant, synthétiseur, basse) pose le tableau en ces termes : « Je pense que le climat est parfait pour notre style de musique. On a débuté le groupe en novembre 2005 avec la volonté de mixer Josef k avec Baby D. Le but était de faire, avec des guitares, de la musique sur laquelle on peut danser. Il y avait aussi le désir de trancher avec la plupart des groupes de Londres du moment. » L'album, l'alarmant Myths Of the Near Future, qui sort en 2007 tranche en effet avec tout ce qui c'est fait en pop ces dernières années sur la scène indie : il n'y a plus de chapelles, plus de frères ennemis.

Rumeurs et mythes

Mais que faire après ça? Quand on a en un disque défini le son du futur et les nouvelles lois du dancefloor mondial (Justice et Kitsuné en France, Modular en Australie)? Avec leur air de pas y toucher, le trio a réussi à donner au décloisonnement entre les clubbers et rockeurs son disque-étendard. Comme les Happy Mondays, Daft Punk et LCD Soundsystem en leur temps. Mais depuis le moment où les kids brandissaient des « glowsticks » à leurs concerts, le dance-rock est devenu la donne. Le défi n'est donc plus tout à fait le même. « On a été un peu fatigués de l'image du « party band », de se retrouver à jouer en néo raves dans des hangars, avoue Simon (guitare, chœurs). On a toujours fait de la musique avec des guitares et non des ordinateurs. Cette histoire de new-rave, ça n'a jamais été qu'une blague pour faire jaser la presse. A nos débuts, on s'était classés dans la catégorie «Psychedelic/Progressive/ Pop » sur myspace, ce n'était pas de la pub mensongère. »
Il leur aura pourtant fallu trois ans pour se détacher des mythes fluo et aboutir à ce nouveau disque. Trois années pendant lesquelles les rumeurs abondent. On a l'impression de spéculer sur le prochain blockbuster hollywoodien avec Sylvester Stallone. On parle du départ de James Ford, qui produisait le premier album, trop pris par Simian Mobile Disco. De querelles avec leur maison de disque, Polydor, qui aurait demander à ce que le groupe reparte à zéro, jugeant les premières démos bruitistes et expérimentales. Comprendre : pas assez commerciales pour leurs poulains gagnants d'un Mercury Prize. Que faut-il croire?

Eternel retour du même et lézard ailé
Jamie (chant, basse) balaie le tout d'un revers de sweat oversize. « James Ford était devenu paresseux et nous aussi. Il nous poussait dans les mêmes directions et pas assez dans nos retranchements. On avait cessé de surprendre les uns les autres pour se reposer sur nos acquis. Être dans un environnement familier et une relation d'amitié plus que de travail, rien ne peut arriver de pire. Il n'y avait rien de nouveau sous le soleil dans la chimie James Ford + Klaxons. Or ce qu'on craint plus que tout c'est le confort et l'incessant retour du même, explique l'ex étudiant en philosophie. » Quant à Polydor, il s'agirait d'une faux scoop balancé par le tabloïd The Sun. «Notre label a toujours été ultra réconfortant et derrière nous, afin qu'on puisse enregistrer le meilleur disque possible, s'époumone Simon. On n'a jamais été forcés de tout réenregistrer ».
La vérité sur ses trois ans de réflexion serait beaucoup plus simple. « On n'étais pas surs de pouvoir refaire un album, révèle Jamie. Pourquoi devrait-t-on se presser? On a fait le même coup à The Horrors, qui ont mis trois à sortir un album, et aux These New Puritans, deux des meilleurs groupes anglais du moment. Nous on n'a eu aucune nouvelle chanson pendant un moment. On s'est contenté de parler et de réfléchir. Et puis on a clubbé, vécu des trucs. On a pris des substances, notamment des hallucinogènes amazoniens que m'a fait découvrir à Glastonbury l'écrivain new-yorkais psyché Daniel Pinchbeck. J'ai vu un lézard ailé terrifiant monter un escalier en colimaçon dominé par une boule blanche scintillante. On a même pensé qu'on ne ressortirait d'album. Quand on a commencé le groupe, c'était pour le fun, par accident. Publier des maxis ou faire des concerts devrait suffire pour être un groupe en 2010. »

Emocore épique et révolte adolescente

Les fans doivent-ils s'inquiéter ? « Je ne vois pas pourquoi ceux qui nous ont suivi seraient déçus. Ce disque s'inscrit dans une trilogie. Le premier c'était le futur, celui-ci le présent et le troisième, ce sera le passé. Ce sont les mêmes voix, la même batterie, la même énergie que celle qu'on trouve à nos concerts, affirme James. Et puis ce sont les mêmes lectures qui nourrissent ce disque que le précédent : William Burroughs, JG Ballard, Philippe K Dick et les mêmes influences. Quand Jamie était disquaire, il écoutait Yes et Soft Machine dans le magasin il bossait, d'où le psychédélisme un peu prog-rock présent sur ce disque.»
Il n'empêche que la teinte plus sombre adoptée par un groupe qui offrait justement une alternative à la tendance Joy Division du rock anglais étonne. « Au contraire cet album est optimiste, jure James. Son titre signifie que si le vide existe, tu peux surfer dessus. C'est le même hédonisme qu'avant. Cet album est juste plus romantique et sexuel. » Leur référence ultime? Le groupe texan culte d'émocore At The Drive-In (séparé en 2001). « C'est ce qu'on avait en tête! On est pas du tout fans des autres groupes (Sepultura, Korn) produits par Ross Robinson (le producteur de Surfing The Void, enregistré à Venice Beach) mais totalement de ATDI, raconte Simon. Quand Ross nous a dit qu'en enregistrant notre disque il avait ressenti la même chose qu'en les produisant, on est devenu fous. Leurs mélodies épiques donnent envie de faire des tonnes choses plutôt que de continuer à regarder MTV. Quand tu écoutes At The Drive-In pour la première fois, c'est galvanisant, comme une explosion de force pour passer le cap de l'adolescence. » Gageons qu'avec Surfing the Void, les Klaxons offriront une nouvelle fois aux kids la B.O de leurs années rebelles, tendance no-future, cette fois.

Surfing The Void (Polydor/Because)



jeudi 18 novembre 2010

Interview with Beach House



La maison de la plage
texte et interveiw de Violaine Schütz 
paru dans le Redux n°33 (automne 2009)

Pour ceux qui en détiennent les clés, Beach House est un précieux coin de paradis musical que l'on voudrait garder secret. Composé de la Française Victoria Legrand (voix et orgue) et de l'Américan Alex Scally (claviers et guitare), le duo de Baltimore a en deux albums seulement fédéré un club de fidèles lui vouant un véritable culte. Il faut dire que leurs mélodies de dream pop éthérée assorties à la voix de Victoria, parmi les plus poignantes entendues depuis Nico, font l'effet d'un sortilège immédiat. De quoi établir la maison de la plage "destination de villégiature idéale des hivers trop longs".
Devotion. C'est ainsi que s'intitule le dernier album en date de Beach House, sorti en 2008, et c'est le mot qui convient le mieux pour définir ce que l'on ressent dès la première écoute d'une des chansons du duo, quelque chose de l'ordre de l'endormissement des sens ou de l'illumination extatique. Il y a d'abord la voix de Victoria, spirituelle, androgyne, magique, soul, profonde, viscérale. Il faut dire qu'elle a de qui tirer Victoria. Nièce du compositeur de musiques de films Michel Legrand (Les parapluies de Cherbourg) et de la chanteuse Christine Legrand (une des voix derrière Les demoiselles de Rochefort), elle a grandi dans un environnement très propice à trouver sa voie artistique. Le soir où on la rencontre, juste après son concert beau et vaporeux du Nouveau Casino parisien, elle est d'ailleurs très émue car son père (le frère de Michel Legrand, artiste lui aussi), pas vu depuis 2 ans, était dans la salle. « Il est peintre et a été musicien, pour le premier groupe de Chrissie Hynde. Son avis est très important. Il est très fier de moi car je fais ce qu'il a toujours voulu faire ».
Et il peut. Car avec son acolyte Alex, un charpentier de métier rencontré il y a cinq ans par un ami commun, dans le Maryland, Victoria (qui a longtemps été barmaid) a en deux disques réussi à délivrer de vraies perles mélodiques à la mélancolie obsédante. Guitare slide, orgues d'église, réverb’, claviers, c'est tout ce dont le duo a besoin pour tisser son univers de folk poétique, planant, et délicieusement torturé à l'architecture pourtant squelettique. « On n'utilise pas de basse ni de batterie en studio, cette restriction nous pousse à faire preuve de plus d'imagination. C'est un défi perpétuel de n'être que deux, on ne peut pas masquer le cœur de la mélodie sous des tonnes d'effets, et ça nous force à faire quelque chose de différent des autres groupes basse-guitare-batterie, explique Alex. »
Résultat? Si on pense souvent à l'onirisme d'une BO de film de David Lynch (leur réalisateur préféré), à la pureté de Neil Young, à la grâce de Yo La Tengo ou aux textures de certains morceaux du Velvet, on n'entend jamais véritablement autre chose qu'une musique très personnelle, celle de Beach House. Pour Alex, c'est même là l'essentiel. « Utiliser des sons qui n'ont pas été utilisés trop souvent, que tu ne peux pas reconnaître tout de suite ou comparer à quelque chose d'autre, c'est ça l'enjeu principal quand tu écris une nouvelle chanson. Sinon pourquoi la faire? ».
Le groupe a ainsi dès son album éponyme réussi à s'attirer des déluges de critiques positives de médias réputés blasés (dont l'influent webzine Pitchfork) en adoration devant ces chansons de dream pop unique qui ne parlent presque que d'amour. Mais le meilleur semble à venir pour Beach House...Alors que le groupe était jusqu'alors signé sur l'obscur label rock indé Carpak (basé à Washington), il vient de franchir un nouveau cap en rejoignant le mythique bastion du grunge, Sub Pop (Nirvana, entre autres), pour leur troisième disque, à peine terminé. « On a enregistré l'album au Dreamland Studio de Woodstock dans une église. C'est Chris Coady (Yeah Yeah Yeahs, TV On The Radio) qui produit et nous a aidé à rendre notre son moins brouillon. Ce sera plus passionné, plus adolescent, exalté, et il y aura plus d'amour et de sexe dedans, promet Victoria. Ca sortira début 2010. » Une bonne nouvelle qui devrait nous aider à patienter cet automne en rêvant à de beaux étés futurs sur la plage abandonnée...
www.myspace.com/beachhousemusic
reduxmag.com

New new wave



Flying Turns = Wagner + Gesaffelstein + Rudy, french boys!

Playlist faite pour Ezella avec ce morceau : http://www.ezella.org/divers/selection-musicale-par-violaine-schutz-tsugi-rock-folk-p449.htm

mercredi 17 novembre 2010


CFCF - It Was Never Meant To Be This Way (Piano Version) from RVNG Intl. on Vimeo.

Je jouerai de la chanson française

Serge fêtera la sortie de son numéro 2 à la Flèche d'Or ! Au programme, concerts et DJ pour une soirée qui mettra à l'honneur les artistes français. le célèbre Cali partagera la scène avec Jolie Chérie, trio parisien d'electro hybride, Jérôme Van Den Hole, l'amoureux maladroit au coeur tendre et ses textes finement orchestrés à la manière folk, ainsi qu'Arnaud Fleurent-Didier, Pom Pom Boy et Violaine Schütz, qui seront les DJ d'un soir !
MARDI 7 DÉCEMBRE - FLÈCHE D'OR
19:30 - 8? EN PRÉVENTE (HORS FRAIS DE LOC)
CALI
JOLIE CHERIE
JEROME VAN DEN HOLE
ARNAUD FLEURENT-DIDIER (DJ)
POM POM BOY (DJ)
VIOLAINE SCHÜTZ (DJ)

(vintage vids) Vincent Gallo - Honey Bunny


Vincent Gallo - Honey Bunny on MUZU.

mardi 16 novembre 2010

In my time

J'écoute le nouveau Brian Eno sur Warp

et regarde les sessions ...http://brian-eno.net/seven-sessions

L'équation Violens (article paru dans l'avant dernier numéro de Tsugi)



La formule
Violens

Le trio new-yorkais réconcilie les contraires, la tendresse de la pop 80's et la violence d'un certain rock gothique pour s'imposer comme le mariage un brin tourmenté de MGMT et George Michael.

40% pop 80's
Pour certains qui ne sont pas nés de la dernière pluie, l'écoute du premier album de Violens fera l'effet du visionnage de l'intégrale de John Hugues. Le chanteur Jorge, né au Costa Rica avant d'atterrir à 18 ans à Miami a en effet passé son adolescence à acheter les cassettes de Billy Idol, écouter des groupes avec des coupes mulets et de la synth pop parfois discutable (de Simple Minds à Depeche Mode). Il en garde un certain penchant pour le rock héroïque et les crescendos (« Generational Loss »).

30% shoegazing et rock 90's
Pour se faire « violens », il faut avoir le cœur à vif ou des années d'écoute intensive de My Bloody Valentine et des Pale Saints derrière soi. Cavalcades de guitares saturées, empilement d'effets, collages psychédéliques, le groupe ne recule devant aucune mélodie épique. L'ésotérique « Trance-Like Turn’ » porte ainsi les stigmates dream-pop de Slowdive. Mais on retrouve aussi la verve expérimentale du rock US des 90's, de Fugazi à Sonic Youth.

30 % black métal
Peu revendiquée par les groupes hype du Brooklyn actuel, Violens cite dans ses influences le groupe de black métal Summoning, Death In June, Dead Can Dance et les groupes de métal chevelus des années 80. Ca s'entend sur « Full Collission » et d'autres morceaux de bravoure ne rechignant pas contre quelques moments de pure chaos, bruitages apocalyptiques et guitares saignantes comme en témoigne le très gothique « Acid Reign ».

Amoral (Static Recital)

+ chronique :
Violens – Amoral
(Static Recital)

Imaginer le mariage des Wham et de My Bloody Valentine. Vous ne pouvez pas? Nous non plus avant d'avoir entendu pour la première fois les New-Yorkais de Violens. En deux mixtapes et une poignée de mp3 distillés sur le web (le sublime « Already Over »), le trio s'est imposé en douceur comme l'espoir 2010 de l'internationale pop. A raison. Véritables dictionnaires du rock, les trois garçons compilent et empilent des décennies musicales sans jamais commettre une seule erreur. On peine à leur trouver un seul héritier à leur pop synthétique et psychédélique mais on jurerait qu'ils sont anglais. Dans le désordre, le sang des Pale Fountains, des Smiths et Felt coule dans leurs veines. Mais ce qui passionne (lâchons le mot) chez Violens, c'est surtout leur façon de remettre au gout du jour des gimmicks pop 80's vraiment pas évidents (la voix suraiguë de Jorge Elbrecht, les cavalcades de guitares jusqu'à l'overdose, les mélodies caoutchouteuses et alambiquées) en les débarrassant de leur kitsch initial. Tears for Fears, Eurythmics et INXS se retrouvent ainsi exhumés et érigés en pères spirituels par les délirants « Full Collision » et « Acid Reign ». Amoral, premier album épique et baroque, ne semble au final avoir aucune règle, aucune limite comme celle d'un prétendu « bon goût » indie pop. Salvateur et vivifiant. (Violaine Schütz)

Pulp Razzmatazz

Interview de Mark Ronson pour le Bonbon Nuit 3 (encore dispo actuellement gratuitement dans les lieux de nuit à Paris)


Mark Ronson
De la gloire

Texte : Violaine Schütz

Dandy tête à claque de l'ombre et ex-DJ des célébrités, connu grâce à Back To Black d'Amy Winehouse dont il est le (super) producteur, l'Anglais Mark Ronson s'impose aujourd'hui comme le maitre de la bonne pop FM. A 34 ans, son troisième album solo, Record Collection, regorge de tubes qu'on a honte de chantonner sous la douche et qui collent à la peau comme un mauvais chewing-gum (dont on adore quand même le goût bizarre). Au casting : Q-Tip, Boy George, Simon Le Bon & Nick Rhodes de Duran Duran, Spank Rock, D'Angelo ou Nick Hodgson des Kaiser Chiefs. Le blockbuster de l'hiver!

Ton précédent album était un disque de reprises, comment en es-tu venu aux covers?
Avant de me mettre à la production, j'étais DJ hip-hop et au bout d'un moment je n'avais plus rien à jouer, j'étais fatigué de toujours joué la même chose. Je voulais passer un morceau de Radiohead, mais un titre de Radiohead en plein set hip-hop, c'était du suicide. D'où l'idée de faire des reprises de ce type de morceaux de façon plus punchy pour les intégrer dans mes sets. Il n'y avait pas d'idée d'en faire un disque au départ.

En tant que DJ, la dimension dancefloor est-elle importante quand tu conçois tes morceaux?
Concernant les miens, oui, je pense aux gens en train de danser dessus. Mais quand je produis pour les autres, ça n'a aucune importance, je peux faire des ballades plombantes dans ce cas (rires).

Tu as fait appel à Boy George pour chanter sur « Somebody To Love me», tu en étais fan?
Oui, et en écrivant les paroles j'ai pensé aux paroles de « Do you really want to hurt me? » de Culture Club. J'avais interviewé Boy George pour le magazine Interview, donc j'avais déjà un contact avec lui. Ce soir il vient chanter le morceau au Zénith, c'est vraiment très étrange d'annoncer « Mesdames et Messieurs, voilà Boy George! » sur scène.

Est ce que tu avais en tête la vie privée de Boy George quand tu as écrit ces paroles (L'idole 80's a récemment été accusé de séquestration d’un escort boy norvégien)?
Non, mais c'est vrai que « See the boy, I once was in my eyes, Nobody's gonna save my life » résonnent autrement si on y pense.

Quelles sont les influences de ce disque, Records Collection?
La Motown, la soul, l'afro-beat, Can, Kraftwerk, Jean-Michel Jarre, Daft Punk. C'est une combinaison des contraires. J'ai aussi utilisé beaucoup de vieux synthés analogiques.

Sur Lose It (In The End), tu as invité Ghostface Killah du Wu-Tang Clan. Ce groupe a une place privilégiée pour toi?
Oui, quand j'ai commencé à faire dj en 1993, je jouais toujours un morceau du Wu Tang. C'est pour ça qu'il est venu rappé sur You Know I'm No Good d'Amy Winehouse.

D'ailleurs as-tu des nouvelles d'Amy?
J'aimerais rebosser avec elle, mais elle est la seule à pouvoir dire si elle en a envie ou pas.

Et les insultes à ton égard sur son twitter, comment les as-tu prises?
Elle s'est excusée depuis!

Sur quoi travailles-tu en ce moment?
Je produis des morceaux pour Spank Rock et le nouvel album de Duran Duran. J'aime leur utilisation des sections rythmiques du disco. Pour moi c'est le parfait groupe de pop british. Je leur dois mes cheveux.

Où sors-tu à Paris?
Je déteste les clubs, donc pas en club, même si je suis allé dans l'un d'eux, dont j'ai oublié le nom, et que c'était bien. Sinon je me ballade, je marche sans but, et je m'assois sur des bancs ou dans des cafés. Ce qui est beau à Paris, ce sont les vues.

Mark Ronson & The Business Intl - Record Collection (Sony)

pour lire le reste du Bonbon Nuit 3 : http://issuu.com/lebonbonnuit/docs/lebonbonnuit3?viewMode=magazine&mode=embed

Nicolas Comment - Article publié dans Serge


Nicolas Comment

C'est qui ? Avec ses cheveux ébouriffés et son beau visage androgyne, le ténébreux Nicolas
Comment aurait pu se retrouver au casting du prochain Christophe Honoré. Heureusement pour nos
oreilles, ce n'est pas au cours Florent qu'il a fait ses armes. Photographe auteur de plusieurs livres,
il a eu l'oeil en se disant un jour de grève des aiguilleurs du ciel à Berlin, qu'il devrait se lancer dans
la chanson. Après un premier album passez inaperçu, Est-ce L'Est (Berliner romanze), objet hybride
entre le livre et le disque réalisé dans le studio de Rodolphe Burger, Nicolas Comment rencontre
Marc Collin avec lequel il participe au projet new-wave Pulsion Phantom.

C'est comment ? Etrange et réussi. « Je te Veux » (improvisée en une nuit à Marseille) donne le là,
en ouvrant ce disque éponyme sur une ballade hypnotique croisant un chanté-parlé à la Gainsbourg
à une ryhtmique épurée teintée d'électronique digne d'Einsturzende Neubauten. Associant des lignes
claires de guitare et de basse aux synthés langoureux de Marc Collin, à une atmosphère filmique,
parfois un brin expérimentale mais toujours d'une ambition folle, Nicolas Comment donne une autre
idée de la chanson française. Les textes, proches du cadavre exquis et d'une élégante simplicité,
ajoutent à l'affaire une touche de poésie à la beauté sulfureuse.

Pourquoi il est Serge ? Parce que marier Factory Records à Gérard Manset, en passant par Lou
Reed et Miossec, en évitant les déchirures à l'entrejambe pour cause de -trop- grands écarts, on se
demande encore comment Nicolas a fait.

Violaine Schütz

lundi 15 novembre 2010

Warpaint + Shannyn Sossamon




Yourstru.ly Presents: Warpaint "Undertow" from Yours Truly on Vimeo.

J'ai toujours aimé l'actrice/girl next door Shannyn Sossamon (ne serait-ce que pour son look ultra cool et décalé dans Les Lois de l'attraction). L'ex djette pour célébrités devenue starlette hollywoodienne, a également été la batteuse des excellentes Warpaint à leur début (sa soeur est toujours dans le groupe). Presque parfaite.

Fascinating

Zola Jesus - Chronique pour Tsugi


Zola Jesus
02-11-2010
Stridulum II (Souterrain Transmission/Pias)


Une décennie de chanteuses à guitare minaudeuses ont fini par nous fatiguer. Zola Jesus apparaît donc comme une sauveuse. Physique dangereux, voix inquiétante, mélodies ambitieuses, l’Américaine Nika Roza Danilova alias Zola, 21 ans, est un peu l’anti-CocoRosie. Plus authentique que Bat for Lashes, moins fashion que Fever Ray, elle fait l’effet - viscéral et dévastateur - d’une Siouxsie jeune. Même look d’ado gothique, mêmes cordes vocales qui prennent aux tripes, même présence sépulcrale. Stridulum II, son troisième album, rappelle ce que le deuxième The Horrors était à 2009 : un retour aux années corbeaux sans cliché crucifix ni gimmick chauve-souris. Ce n’était pourtant pas gagné pour la demoiselle tant son premier essai, New Amsterdam, de la new wave pour les nuls et les fans de Twilight, noyé dans les arrangements lo-fi, ne cassait pas trois roues à un corbillard. “Night” ouvre une traversée des abîmes plus passionnante, entre atmosphères synthétiques minimales de veillée funèbre et basses lourdes façon Joy Division. L’an dernier, l’ex-étudiante en philosophie du Wisconsin déclarait se demander chaque jour pourquoi elle restait en vie. La beauté organique de Stridulum II laisse à penser que la musique devrait toujours être ça, une affaire de vie ou de mort. (Violaine Schütz)
http://www.tsugi.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=4025&Itemid=48

Clara Cometti


Clara was the singer of the avant-pop parisian band Koko Von Napoo, she is now working on a band with a Chateau Marmont (called Exotica) and sings on this new loved Munk track...

Serge n°2


Le numéro 2 de Serge sera bientôt en kiosque, j'y ai interviewé Adamo à l'intérieur, la couv' :

jeudi 11 novembre 2010

Quelques articles écrits pour Redux ces dernières années












cliquez sur les images pour agrandir

Interview de Koudlam parue dans Tsugi



Rencontre avec Koudlam - 2009
par Violaine Schütz


Après l'heure du m'as tu-vu french touch 2.0, l'heure est à l'avant-garde électro qui avance dans l'ombre et le chaos. Etienne Jaumet, Joakim, Krikor, Turzi, et maintenant Koudlam, coupable majestueux d'un des albums les plus poignants de 2009, voire des 2000's. Koup de cœur.

« Il est jeune et beau, ses lèvres sentent l'océan, ses yeux ressemblent à ceux des dauphins, son corps est celui d'une statue moderne, sa musique sonne comme la vision de ruines dorées et de sommet de montagne, il croit que la pauvreté en Afrique peut sauver le monde. »
Voilà les infos officielles qui circulent sur le web à propos de Koudlam, éclaireur solitaire et opaque d'une électronique débutée aux alentours de 2000. Il aura fallu durement insister pour obtenir une interview de visu avec l'auteur de l'un des disques de l'année (l'apocalyptique Goodbye), ce dernier préférant les emails et les apparitions affublé de Wayfarer lors de lives donnés dans « un hôpital de Londres, une grue à Berlin ou une église romaine ».
En vrai, Koudlam a 30 ans, des yeux sombres, des boucles christiques et une beauté effrayante, entre un Louis Garrel et un Klaus Kinski. « J'ai grandi avec Underground Résistance, et même si mettre un masque en 2009 est ridicule, il n'en demeure pas moins que j'ai horreur de la parlotte. Je me demande même si je vais pas encore moins me montrer. J'aimerais que la musique reste au dessus du reste. »

Coup de lame
Pas de crainte, la musique de Koudlam restera au dessus du reste, voire de tout le reste. Sorte de « world music héroïque » comme la définit son complice de toujours, l'artiste super star Cyprien Gaillard, avec lequel Koudlam a collaboré (pour la musique des projections du film Desniansky Raion), les chansons écorchées vives de Koudlam cannibalisent à elles seules des civilisations entières (maya, inca, masaï), annoncent la fin d'une époque et d'un monde (on y cause de décadence, d'effondrement et de ruines), marie des flûtes ancestrales à des beats indus, un chant d'ivrogne romantique à des nappes shamaniques.
Goodbye voit loin. Né à Abidjan de parents français, Koudlam a découvert l'électronique dans les raves de France : « J'avais des potes qui avaient des sound systems et on allait jouer en dj set avec eux, en free party. Après avoir eu des groupes de rock influencés par les Doors, j'ai acheté mes propres machines, et eu un duo de hardcore ultra violent, avec lequel j'arpentais les free parties. » Un de ses amis se serait fait planté en teknival, d'où son pseudo.
Le reste de son adolescence, Koudlam la passe entre l'Afrique (« mon père n'a jamais été bien nul part ») et Grenoble. Après huit ans d'apprentissage de la musique (piano, solfège, saxophone), il hésite entre le skate et l'escalade, avant de décrocher un master d'histoire de l'art mais ce sera la musique qui remportera la mise.

Altitude
Une musique galvanisante qu'il élabore pendant des heures de solitude à l'aide de logiciels, de synthés, d'un piano et d'une guitare. « J'ai souvent perdu la foi, ça a pris du temps de me faire connaître, mais je me suis toujours dit qu'il devait y avoir une justice. J'ai sorti un disque autoproduit, Nowhere, en 2006, dans l'anonymat alors que ma musique (basée sur l'émotion) n'est pas faite pour cent personnes, ce n'est pas une musique de niche. Dans les moments de dèche, je relisais (pour me rassurer) les biographies des gens que j'admire, comme celle de Wolfgang Güllich, le plus grand escaladeur de tous les temps. Dans les années 80, alors qu'on en était au niveau 7 de l'escalade, il a inventé les niveaux 8a+, 8b et 8c, soit carrément une autre dimension. Il grimpait à l'envers, à la verticale, c'était Spider Man. Il a ouvert une nouvelle voie. »
Visant des sommets symphoniques encore inexplorés, l'électro-pop épique de Koudlam a dépassé la techno et le rock pour créer une nouvelle brèche. La french touch 8c+?

Goodbye (Pan European Recording)
www.myspace.com/koudlam

*

Koudlam (chronique pour Tsugi)
13-01-2010
Goodbye (Pan European/Module)

Image “Koudlam, c’est Suicide en moins chiant”, peut-on lire sur un forum, “Ceux qui n’ont pas d’âme ne comprennent pas”, ajoute un anonyme. On ne sait pas grand-chose du Français Koudlam (certains parlent d’origines mexicaines, d’autres disent qu’il serait né il y a vingt-neuf ans à Abidjan) mais on sait que ces commentaires ne sont pas exagérés ! Après un premier disque forçant le respect (Live At Teotihuacán, soit le lieu où l’on devient dieu), Goodbye, signé sur Pan European (le label de Turzi), ne fera pas de sitôt ses adieux à notre platine. Ex-étudiant en histoire de l’art, Koudlam élève en tout cas la musique électronique au rang de sa matière première. Inventant quelque chose comme la world-music de l’an 3000, ce passionné d’entropie et de ruines construit ses mélodies avec la même minutie qu’on mettrait à peindre un plafond de chapelle. Mêlant techno décharnée (“Eagles Of Africa”), BO de film inexistant, prog-rock et opéra, il réalise une symphonie qui tend à une certaine perfection. Des notions un peu oubliées en “musique sur ordinateur” qui font de Goodbye une œuvre rare tendant au mystique. Le chant d’ivrogne romantique (sur le désespéré “See You All”, aux violons lancinants) a d’ailleurs quelque chose de messianique. Récemment on entendait Koudlam dans une séquence d’Un Prophète d’Audiard et ce Goodbye pourrait être une prophétie sur ce que sera la musique du futur. (Violaine Schütz)

Magic moment

Chronique - Mystery Jets pour Tsugi

Mystery Jets Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
25-07-2010
Serotonin (Rough Trade/Beggars/Naïve)

Image
La faute à leur patronyme ? Les Mystery Jets restent l’un des mystères les mieux gardés de la pop anglaise. Le troisième album de ce quatuor des plus inventifs les fera-t-il sortir de l’underground ? Produit par Chris Thomas (Pulp), il en a la trempe, tenant la dragée haute au premier Libertines, au plus barré de Blur et au meilleur d’ELO. Deux ans après l’impressionnant Twenty One, les Jets assoient leur réputation : cinq idées par seconde, un sens inouï de la mélodie et une tendance au lyrisme flamboyant. Impossible de rester de marbre à l’écoute des pop songs parfaites teintées de prog, psyché et glam rock, que sont “Alice Springs”, “Dreaming of another World” ou “Flash a hungry smile”. Les Mystery Jets font de la pop avec leurs tripes, irriguant chaque morceau d’un désir de vivre épatant (Serotonin n’est pas choisi au hasard). Les chœurs qui chavirent, les synthés qui virevoltent, les guitares rebondissantes comme au temps des Smiths filent une certaine tradition indie rock britannique tout en lui insufflant des sons atypiques et des échappées échevelées et passionnantes. Des morceaux de bravoure comme la complainte hallucinée et bizarroïde “Lorna Doone” prouvent aussi que le groupe n’a rien à envier aux audaces d’un MGMT, dont ils sont l’alter ego britannique. (Violaine Schütz)
http://www.tsugi.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=3062&Itemid=9