mardi 28 décembre 2010

Une nuit avec Sébastien Tellier (paru dans Tsugi)

Article paru dans le TSUGI n°6
Texte de Violaine Schütz

Comme le grand Christophe (dont il est fan), le latin lover aux costards blancs Sebastien Tellier vit surtout la nuit. C’est pendant ces heures sombres qu’il compose, joue à la Playstation ou file au Baron. Sur son nouvel album, Sexuality, il imagine une nuit érotique du début à la fin ; Et pour Tsugi, c’est une soirée légère et avinée dans un pseudo-Cannes qu’il fantasme. « La nuit pour moi c’est lié au rêve et à l’enivrement », avoue-t-il


18h00 : Je suis dans une belle villa à 500 mètres de la mer dans les hauteurs d’une ville qui ressemble à Cannes, mais qui n’est pas Cannes. Je bois un bon vin blanc glacé, et j’écoute Robert Wyatt. C’est vraiment parfait Robert pour l’apéritif car ça plonge dans l’obscurité.

19h : Il faudrait que ma fiancée rentre de ses affaires, qu’elle ait un travail. Qu’elle ne soit pas chômeuse donc, non je plaisante. (Dans la vraie vie, la petite amie de Sébastien, Amandine de la Richardière est une jeune actrice à forte poitrine de 26 ans qui n’a pas beaucoup tourné mais a prêté sa voix au disque de Tellier. Ce sont ses orgasmes qu’on entend tout au long de Sexuality, ndr). Non, je voulais dire que dans ma nuit préférée, ma copine rentre d’un travail qui l’a intéressée et a plein de choses à me raconter sur cette activité.

21h : Deuxième apéritif. Les disques à écouter pour le deuxième apéro parfait, c’est Diana Ross, Marvin Gaye, Stevie Wonder, les Beach Boys.

22h30 : Il est l’heure que les taxis viennent nous chercher pour nous amener au restaurant. Des amis nous rejoignent, mes meilleurs potes, des gens que je respecte dans l’art, d’autres qui ont des choses absurdes à dire. Là, on boit un maximum. Et surtout on réfléchit à ce qu’on va manger. On fait des concours de qui prendra le plus de trucs. « Entrée-plat-dessert », qui fait mieux ?

23h30 : Arrivée au restau, troisième apéritif, puis on s’empiffre. Moi, j’aime bien quand c’est la fiesta sur la table et qu’il y a plein de trucs partout. Le couscous c’est agréable, les tapas aussi. Faut que ce soit des plats festifs, qu’on s’amuse en les mangeant. Après, moi j’apprécie quand il y a des embrouilles pendant le repas. Un tel qui a trompé machin et que ça se sait. Si des copains peuvent se mettre sur la gueule, c’est dommage pour eux, mais ça fait toujours des petites activités sympas. J’adore aussi admirer les gens et cracher sur les gens : « lui, il est formidable », « oh, lui, quelle merde ! ». Les discussions stériles et les soirées superficielles avec des gens intéressants, ça c’est bien.

02h00 : Lentement mais surement on se retrouve chez un pote. Là, on boit plus un digestif- du Cognac- pendant que les filles se re-préparent un peu, avant de repartir. J’aime bien les déplacements, c’est là où je me marre le plus. A l’arrière d’une bagnole, quand on écoute de la musique à fond en racontant n’importe quoi, c’est un moment merveilleux.

03h00 : On sort dans une boite de nuit qui se trouve face à la mer. Je regarde les autres danser, je profite de la musique pendant que des mecs me racontent les derniers potins. J’ai essayé de bien m’habiller pour sortir. J’essaie d’être toujours présentable et de créer un certain style. Je peux garder mes lunettes de soleil dans le club.

Fin de la nuit : Un bon brunch avec un gros cheese-bacon, dans un endroit comme le restau américain Joe Allen à Etienne Marcel. Pas un McDo, non ! Des vraies frites et un vrai burger. Après seulement j’envisage la possibilité du sommeil.


Sexuality (Record Makers/Discograph)

Aucun commentaire: