Zola Jesus - Chronique pour Tsugi


Zola Jesus
02-11-2010
Stridulum II (Souterrain Transmission/Pias)


Une décennie de chanteuses à guitare minaudeuses ont fini par nous fatiguer. Zola Jesus apparaît donc comme une sauveuse. Physique dangereux, voix inquiétante, mélodies ambitieuses, l’Américaine Nika Roza Danilova alias Zola, 21 ans, est un peu l’anti-CocoRosie. Plus authentique que Bat for Lashes, moins fashion que Fever Ray, elle fait l’effet - viscéral et dévastateur - d’une Siouxsie jeune. Même look d’ado gothique, mêmes cordes vocales qui prennent aux tripes, même présence sépulcrale. Stridulum II, son troisième album, rappelle ce que le deuxième The Horrors était à 2009 : un retour aux années corbeaux sans cliché crucifix ni gimmick chauve-souris. Ce n’était pourtant pas gagné pour la demoiselle tant son premier essai, New Amsterdam, de la new wave pour les nuls et les fans de Twilight, noyé dans les arrangements lo-fi, ne cassait pas trois roues à un corbillard. “Night” ouvre une traversée des abîmes plus passionnante, entre atmosphères synthétiques minimales de veillée funèbre et basses lourdes façon Joy Division. L’an dernier, l’ex-étudiante en philosophie du Wisconsin déclarait se demander chaque jour pourquoi elle restait en vie. La beauté organique de Stridulum II laisse à penser que la musique devrait toujours être ça, une affaire de vie ou de mort. (Violaine Schütz)
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