Toro Y Moi / Interview

Toro Y Moi, reviendra avec un second album le 22 Février prochain. En attendant, voici l'interview de lui que j'avais réalisé pour Tsugi.

En Caroline du Sud, un jeune ricain invente sur un premier disque personnel et essentiel la musique
qu'on doit écouter au Paradis. On appelle ça la chillwave, et Toro Y Moi est un peu le surfeur d'argent de cette nouvelle vague électro-pop.

1997, Daft Punk sort son premier album, Homework, et abolit la guerre des clans musicaux. Dans son sillage, une nouvelle génération électronique aux idées larges mixe pop, funk, rock, pop et disco pour créer des hymnes qui rallient clubbers et rockeurs sous la boule à facette. On connaît l'histoire, elle a eu ses précurseurs (New Order) et ces émules (Justice, diz ans après); Toute une génération danse aujourd'hui sans barrières ni œillères grâce à eux. Et ce n'est pas un hasard si Chaz Bundick alias Toro Y Moi, 23 ans, américain né d'un père africain et d'une mère philippine, déclare vouer un culte au duo masqué français, avec quelques autres fétiches (Jdilla, My bloody valentine, et les Beach Boys).

Enfant du rock, de l'électronique et du web 2.0, Chaz fait de la musique (une souris dans une main, une guitare dans l'autre), du graphisme (ce sont ses propres collages qui illustrent ses pochettes) et tient un blog (qui s'intitule Lessons of the poor and lonely, soit tout un riant programme). Son adolescence est celle de plein d'autres. « J'étais à fond dans le skateboard et la pop-funk pendant longtemps...et je m'en suis lassé très vite (rires) » résume Chaz. A la maison, les parents Michael Jackson (dont il a fait repris « Human Nature »), Madonna, Elvis Costello et les Ramones. Comment alors expliquer que la musique de cet ex ado comme tout le monde ne ressemble à aucune autre?

Chillwave mon amour
C'est assez rare pour le noter, le premier album de Toro Y Moi, Causers Of This (« il y a une fille
sur laquelle cette album est et qui la cause l'originalité troublante. Juxtaposant des textures dance, folk lo-fi, rock électro expérimentale, hip hop et psychédélisme, sa pop sample et décortique trente de musique, distillant des millions d'idées sonores jamais entendues. « J'ai commencé le piano à l'âge de 8 ans et la guitare à 14, raconte Chaz, le reste s'est fait en autodidacte ». Proche du son de Washed Out, Memory Tapes, Air France, Neon Indian, tous réunis par la presse et les blogs qui comptent sous le nom de courant « glo-fi », « chillwave » ou encore « hypnagogic pop » (à croire qu'il faut bien justifier son maigre salaire de journaliste en inventant du concept), cette synthé-pop crée en Caroline du sud allie de façon inédite un chant nonchalant et juvénile à des bidouillages électroniques perdus entre dub poétique et électronique de chambre à coucher. « Blessa » évoque la B.O d'un Virgin Suicides où les héros seraient des garçons aux cheveux bruns qui auraient beaucoup écouté Four Tet et les Smiths entre deux séances de surf. « Talamak » est une chanson d'amour de funk contrariée par une texture synthétique rêveuse évoquant les 70's. Le tout sera sans doute la cause de tous les maux (la mélancolie est toujours là) et de tous les émois.

Causers of this (Carpak)
www.myspace.com/toroymoi
Violaine Schütz pour Tsugi

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