Interview de Mark Ronson pour le Bonbon Nuit 3 (encore dispo actuellement gratuitement dans les lieux de nuit à Paris)


Mark Ronson
De la gloire

Texte : Violaine Schütz

Dandy tête à claque de l'ombre et ex-DJ des célébrités, connu grâce à Back To Black d'Amy Winehouse dont il est le (super) producteur, l'Anglais Mark Ronson s'impose aujourd'hui comme le maitre de la bonne pop FM. A 34 ans, son troisième album solo, Record Collection, regorge de tubes qu'on a honte de chantonner sous la douche et qui collent à la peau comme un mauvais chewing-gum (dont on adore quand même le goût bizarre). Au casting : Q-Tip, Boy George, Simon Le Bon & Nick Rhodes de Duran Duran, Spank Rock, D'Angelo ou Nick Hodgson des Kaiser Chiefs. Le blockbuster de l'hiver!

Ton précédent album était un disque de reprises, comment en es-tu venu aux covers?
Avant de me mettre à la production, j'étais DJ hip-hop et au bout d'un moment je n'avais plus rien à jouer, j'étais fatigué de toujours joué la même chose. Je voulais passer un morceau de Radiohead, mais un titre de Radiohead en plein set hip-hop, c'était du suicide. D'où l'idée de faire des reprises de ce type de morceaux de façon plus punchy pour les intégrer dans mes sets. Il n'y avait pas d'idée d'en faire un disque au départ.

En tant que DJ, la dimension dancefloor est-elle importante quand tu conçois tes morceaux?
Concernant les miens, oui, je pense aux gens en train de danser dessus. Mais quand je produis pour les autres, ça n'a aucune importance, je peux faire des ballades plombantes dans ce cas (rires).

Tu as fait appel à Boy George pour chanter sur « Somebody To Love me», tu en étais fan?
Oui, et en écrivant les paroles j'ai pensé aux paroles de « Do you really want to hurt me? » de Culture Club. J'avais interviewé Boy George pour le magazine Interview, donc j'avais déjà un contact avec lui. Ce soir il vient chanter le morceau au Zénith, c'est vraiment très étrange d'annoncer « Mesdames et Messieurs, voilà Boy George! » sur scène.

Est ce que tu avais en tête la vie privée de Boy George quand tu as écrit ces paroles (L'idole 80's a récemment été accusé de séquestration d’un escort boy norvégien)?
Non, mais c'est vrai que « See the boy, I once was in my eyes, Nobody's gonna save my life » résonnent autrement si on y pense.

Quelles sont les influences de ce disque, Records Collection?
La Motown, la soul, l'afro-beat, Can, Kraftwerk, Jean-Michel Jarre, Daft Punk. C'est une combinaison des contraires. J'ai aussi utilisé beaucoup de vieux synthés analogiques.

Sur Lose It (In The End), tu as invité Ghostface Killah du Wu-Tang Clan. Ce groupe a une place privilégiée pour toi?
Oui, quand j'ai commencé à faire dj en 1993, je jouais toujours un morceau du Wu Tang. C'est pour ça qu'il est venu rappé sur You Know I'm No Good d'Amy Winehouse.

D'ailleurs as-tu des nouvelles d'Amy?
J'aimerais rebosser avec elle, mais elle est la seule à pouvoir dire si elle en a envie ou pas.

Et les insultes à ton égard sur son twitter, comment les as-tu prises?
Elle s'est excusée depuis!

Sur quoi travailles-tu en ce moment?
Je produis des morceaux pour Spank Rock et le nouvel album de Duran Duran. J'aime leur utilisation des sections rythmiques du disco. Pour moi c'est le parfait groupe de pop british. Je leur dois mes cheveux.

Où sors-tu à Paris?
Je déteste les clubs, donc pas en club, même si je suis allé dans l'un d'eux, dont j'ai oublié le nom, et que c'était bien. Sinon je me ballade, je marche sans but, et je m'assois sur des bancs ou dans des cafés. Ce qui est beau à Paris, ce sont les vues.

Mark Ronson & The Business Intl - Record Collection (Sony)

pour lire le reste du Bonbon Nuit 3 : http://issuu.com/lebonbonnuit/docs/lebonbonnuit3?viewMode=magazine&mode=embed

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