Mustang - interview/bio


 

En imaginant la rencontre entre Suicide, Dominique A et Elvis, le trio clermontois Mustang a réussi à s'attirer les faveurs de Pedro Winter et Philippe Manoeuvre. Rock'n'roll en diable, leur premier disque, A71 (du nom de l'autoroute qui relie Clermont à Paris) fait entre des mélodies pop 50's et la chanson française moderne. Sur la bonne voie...

Porter la banane, le blouson court et les santiags en 2010 en plein Pigalle, au petit matin, il faut oser. C'est ainsi que l'on croise de temps à autre Jean Felzine, belle gueule échappée de Rebelle sans cause ou des studios Sun, vers qui tous les regards se croisent. Depuis peu installé à Paris, c'est le chanteur (et guitariste) de 22 ans du groupe Mustang, un nom qui circule aujourd'hui entre heureux initiés. Il faut rajouter deux autres post-adolescents au look voyous : le bassiste Johan Gentile à la gouaille provinciale et le batteur Rémi Faure. Mais si les trois clermontois qui se connaissent depuis le lycée ressemblent à des anachronismes, leur musique n'en est pas tout à fait un.
Certes la complainte exotica « je m'emmerde », le rétro « Pia pia pia » et « King of the jungle », quelques uns des titres de leur premier cd, ressemblent à s'y méprendre à des mélodies rockabilly de l'époque, mais les Mustang sont aussi modernes, ne serait-ce que dans le choix de présence de rythmes synthétiques qui évoquent autant Kraftwerk que Taxi Girl et des textes qui parlent d'un désarroi adolescent intemporel.
« L'idée du disque, raconte Jean dans un bar de Ménilmontant, c'était de ne rien s'interdire, se permettre des trucs électro, d'autres évoquant la chanson française, des textes français et en anglais. Comme sur les disques du Velvet Underground, où on trouvait plusieurs exercices, certains ambitieux, d'autres parfois ratés. Le seul impératif c'est le format chanson. « C'est fini » est une reprise d'Aphex Twin (« Donkey Rhubarb »)mais on y a ajouté un couplet et un refrain. Le format chanson pour nous reste imbattable, rien ne dépasse les quatre minutes ».
Sans être réacs, les trois garçons pensent pourtant que les années 50 sont la meilleure école. « Revenir aux années 50 permet de comprendre comment sont faites les chansons, explique Johan. C'est une bonne école, une super base pour l'écriture des morceaux. Je pense que tous les groupes intéressants et importants de rock ont ce truc 50's dans leur ADN. Les Stooges sur leur troisième album, le velvet avait en lui du Bo Diddley et de la country, Suicide aussi. Même si cet hértitage est maltraité, il est essentiel. Mais on regarde plus devant, que derrière. Il y en a qui ne comprennent pas : pour eux, la banane c'est les forbans et Elvis, un pecnot qui n'écrivait pas ses chansons. Mais je trouve ce qu'on fait moins vintage que Franz Ferdinand (rires). »
A mi-chemin entre rockabilly, électro, pop et surf, l'autoroute imaginée par Mustang sur A71 est en tout cas sauf linéaire et ennuyeuse, ou totalement rétro. Une belle manière de repenser le rock après les assauts sauvages et pubères des baby-rockeurs parisiens...

A71 (A Rag/Sony)
Violaine Schütz



Commentaires

CARICARI a dit…
je les avais vu dans le cadre du festival de la Fnac sur le parvis de l'hôtel de vile cet été mais je découvre ce morceau. Vraiment sympa ce morceau et le côté rock à billy très plaisant.

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